CHAPITRE II IVotre-Dame au début du XIX^ siècle
Premières démarches pour unte restauration. Lettre de Mère Saullay.
a Mère Thérèse Saullay, tout en restant à Baugé, fut toujours, tant qu'elle vécut, regardée par ses religieuses comme leur supérieure, et elles suivirent ses avis ^Mj autant que leur position put le B||||'^^ leur permettre. Lorsque la iMère Saullay mourut, la Mère Fleury la remplaça dans la confiance de ses filles, et, enfin, Mère Fleury étant morte le 8 juillet 1800, ce fut Mère Davoust que les religieuses élurent supérieure. Le groupe de Baugé prit part au vote avec le groupe de La Flèche.
Mère Davoust attendait anxieusement l'heure du relèvement du cloître; elle la crut arrivée à la fin de 1802, car on trouve d'elle, à la date du 31 décembre, la lettre suivante, adressée à M^' l'Evêque du Mans :
Monseigneur,
Les Religieuses de la Compagnie de Notre-Dame vous présentent l'hommage de leurs vœux pour votre conservation et l'assurance de leur parfaite soumission.
Elles implorent votre protection pour leur rétablissement et leur réunion, afin de pouvoir, suivant leur Institut, élever gratuitement les jeunes personnes en tout ce qu'une fille chrétienne et bien née doit savoir; nous sommes encore vingt-quatre.
Je suis avec le plus profond respect. Monseigneur, votre très humble et très obéissante servante.
Davoust, la plus ancienne professe.
A La Flèche, le 3i décembre i802.
A cette lettre, Mère Davoust ajoutait « le catalogue des religieuses de la Compagnie de Notre-Dame de la ville de La Flèche, paroisse de Saint-Thomas ».
Il est bon, je crois, de donner ici ces noms, pour connaître les vaillantes qui ont traversé les heures si douloureuses de la Révolution, et dont quelquesunes ont plus tard employé toutes leurs forces à relever l'ancienne communauté de Notre-Dame.
Avec quel succès elles y parvinrent en peu de temps ? Nous ne l'ignorons pas aujourd'hui, et par le sentiment de douleur et d'effroi qui étreint nos cœurs, en voyant cette nouvelle dispersion, nous comprenons quelle place avaient su reconquérir parmi nous ces servantes dévouées du Seigneur.
En 1802, il restait vingt religieuses de chœur et quatre sœurs compagnes. C'étaient, par ordre de profession, (( les Mères Claude Jtnvoust, soixante-liuit ans, née à Cossé-en-Chanipagne; Marie-Louise Flcunj, soixante-douze ans, née à La Flèche; Françoise Douasne, soixante-deux ans, née à La Flèche; Angélique Liberge des Bois, cinquante-quatre ans, née à Baugé; Marie Menât Beauregard, quarante-trois ans, née à Bourges; Louise Bruas, cinquante-quatre ans, née à Sainte-Colombe; i'rsule Menât des tiazons, quarante-deux ans, née à Bourges; Anne Lehaij Grandmaison, quarante-deux ans, née à La Flèche; Modeste Piceron, trente-neuf ans, née au Lude; Marie Bourge, quarante ans, née à Mansigné; Magdeleine Faligan, quarante ans, née à Angers; Catherine Fremond, cinquante ans, née à Angers; Anne Perrault, quarantedeux ans, née à Cherré; Julie du Bozel, trente-trois ans, née à Saint-Clément; Marguerite des Mars (Desmares), quarante ans, née à Luché; Angélique Durand, trente-trois ans, née à Avoyse; Louise Portebœuf, quarante-neuf ans, née à La Flèche; Marie Morin, trente-cinq ans, née à Bazouges ; Benée Maréchal de Viliiers (1), soixante-treize ans, née à La Flèche; les sœurs Jaune Guillier, soixante-trois ans, née à Saint-Germain-du-Val; Keuér Gentilhomme, quarantesept ans, née à Sablé; Marie des Mares (Desmares), quarante-neuf ans, née à Luché; Anue Bourau, quarante-huit ans, née à Meseray ».
« Leur Institut, ajoute Mère Davoust, est d'instruire gratuitement les jeunes personnes de tout ce qu'une
(i) Ce nom est rave d'un trait sur la note de Mère Davoust.
fille chrétienne et bien née doit savoir. Leurs Règles sont celles de saint Ignace et elles sont agrégées à l'ordre de saint Benoist.
« Les premiers jours d'octobre mil sept cent quatre vingts douze, elles furent obligées de sortir de leur maison, elles se dispersèrent où la divine Providence leur fournit un azile, elles étaient trente trois, il en est mort neuf; elles sont vingt quatre qui toutes désirent bien sincèrement de se réunir pour se rendre utiles au prochain ; elles sont huit à La Flèche, sept à Baugé, une à Lue, une à Angers, une à Cherré, une au Lude, une à Créans, une au Mans, une à Bonnétable, deux dans le Berry, près Issoudun. »
Mère Davoust, depuis longtemps déjà, avait réuni les compagnes restées avec elles à La Flèche. Du reste, nous l'avons dit, aucune n'avait cessé d'enseigner les jeunes Fléchoises, et, pendant la Révolution, aux heures les plus terribles de la tempête, chacune de ces dévouées maîtresses continuait sa mission dans les familles de notre cité.
L'heure choisie par Mère Davoust, pour reformer sa communauté, était assurément favorable, car, non seulement à La Flèche, mais dans la France entière, une ère de pacification et de concorde venait de s'ouvrir. Pour ne parler que de notre ville, rappelons en quelques pages les principaux événements et l'état des esprits sous le consulat.
La Flèche sous le Consulat.
Pour remplir le programme de ce titre, il siiflit de présenter au lecteur les notes prises au jour le jour par le docteur Boucher (1).
Il écrit, à la date de Nivôse, an II il) :
(' Un grand et touchant spectacle reparoit parmi nous : des vierges consacrées à Dieu reprennent leur voile et leur robe, et s'enferment à l'hospice pour y servir Dieu et soulager l'humanité souffrante. Le gouvernement souscrit, applaudit au zèle de ces anciennes hospitalières, et tout le monde rend grâce à Dieu.
« Ventôse, an I[(mars 1803). Chaque jour le schisme s'éteint par la douce persuasion du curé, par l'exemple de toutes les vertus qu'il donne ».
11 s'agit ici, on le devine, de M. Delaroche, que l'on était allé chercher, de nuit, à Mézeray, dans la crainte des habitants qui le voulaient garder. Sa réputation de sainteté, qui l'avait désigné au choix de l'évèque du Mans pour la cure de La Flèche, a traversé les générations, et, aujourd'hui encore, — je pourrais même dire aujourdhui plus (jue jamais, — les Fléchois considèrent leur ancien curé comme un saint. 11 sufTit, en traversant notre cimetière, de visiter sa
II) Ephémérides fîéchoises,ou suite des événements de la Révolution, observés parmi les habitans de La Flèche, le tout rédigé suivant l'ordre chronologique pour moi et pour ma famille seulement.
{z'j Décembre 1802-janvier i8o3.
tombe, pour se convaincre de la vénération des fidèles, de leur confiance et de leur reconnaissance.
Sous l'impulsion de leur saint pasteur, les Fléchois reprirent bientôt leurs habitudes de piété, et les jours de la Fête-Dieu arrivés, ils demandèrent eux-mêmes le rétablissement des processions. « Le conseil de fabrique s'engage, par une délibération du l'''^ juin, à élever deux reposoirs, l'un à la porte du chAleau, dans la Grande-Kue, l'autre dans la rue de la Révolution (rue Carnot), à l'entrée de la rue des Lavallois (l) ».
Mais, d'après M. Boucher, le second reposoir était à l'église du Collège. Ecoutons, du reste, notre intéressant narrateur.
(( Fléchois, depuis onze ans, si je ne me trompe, la fcle du Sacre vous a été interdite ; vos enfans n'en connoissent pas la majesté; empressez-vous demain de tendre vos maisons de décorations ; ceuillez dans vos jardins les tleurs, dont ils sont parés, pour en faire hommage à ce Dieu, qui veut bien parcourir vos rues, comme il faisoit dans la Judée.
« Au levé de l'aurore j'entend le carillon des cloches ; la générale bat; au lieu de troubler les esprits, d'annoncer une attaque, ou une résistance dans laquelle le sang va couler, le tambour nous invite à prendre les armes pour accompagner le Dieu de la paix, qui va répandre ses faveurs parmi nous. Déjà des couronnes de tleurs sont suspendues dans les rues et remplacent ces couronnes de buis auxquelles étoient attachées des sentences révolutionnaires, et on
[i) Registre de la fabrique, page 5i, verso.
replace les statues de la Vierge à diiïérenls angles des maisons, d'où elles a voient disparu.
« Les bannières sortent de l'église et annoncent la Croix qui les suit; sous ces étendarts salutaires marchent des jeunes gens qui ont pris l'habit de lévites et l'encensoir. Une double haie d'hommes de la garde nationale marchent en silence et semblent des hommes nouveaux. Les confrères du Saint-Sacrement s'avancent le cierge en main. Des enfans de l'âge de ceux dont le Seigneur se vit entouré avec plaisir, et desquels il prononça ces aimables paroles : Sinitc hos pueros vetnre ad me, portent devant lui des corbeilles de ileurs. Cinq brancars précèdent le dais; le plus considérable est surmonté par un bel Enfant Jésus; des quatre autres l'un représente le Seigneur prêchant, le second sa divine Mère, le troisième le sacrifice d'Abraham, le quatrième saint Jean dans le désert.
« La divinité et l'humanité de Jésus-Christ sort de son temple et permet à ses prêtres de la porter sur leurs épaules, comme autrefois l'arche d'alliance. La sous-préfecture, la municipalité, tous les citoyens en place suivent le dais et sont séparés du peuple par la gendarmerie. Un superbe reposoir dressé à la porte du château fait une station, d'où la bénédiction est donnée à une troupe nombreuse de fidelles, qui suit la procession malgré une chaleur brûlante. L'église du Collège est une autre station, où le Saint-Sacrement est reçu au milieu d'une musique vocale et ins trunientale parfaitement exécutée par les pensionnaires.
« On peut dire que toute cette fête a été très bril-
lante et très édifiante. Vue poignée de jacobins s'est tenue à l'écart dans ces beaux moments, comme les hiboux se tiennent dans leurs masures pendant que le soleil est sur l'horizon... mais, ce sont mes frères, je ne les maudis pas; je dois prier pour eux et remercier pour moi.
(( Autrefois, cetle fête étoit encore phis éclatante : toutes les cloches des onze maisons religieuses sonnoient pendant sa marche; le canon annonçait le moment oii le Saint Sacrement dépassoit le seuil de l'église et celui de son retour sur l'autel. Trois ordres religieux marchoient sous leur croix : les Enfants d'Elie, les Carmes, vêtus en laine blanche, ceux de François, les Récolets et les Capucins, vêtus en bure, la tête rasée, les pieds nuds, rappeloient les pères du désert.
a Mais ô mon Dieu ! rous avez voulu qu'ils fussent remplacés par vos vierges, par les Ueligieuses de la Visitation, de l'Ave Maria, qui, confondues dans la foule ont été remarquées de vous avec complaisance, et peutêtre, vues avec dédain de nos philosophes, des gens du monde placés aux fenêtres pour jouir de la vue de la fête comme d'un simple spectacle.
« Messidor. Aujourd'hui dimanche, 21 juillet 1803, l'assemblée a battu pour rassembler la garde nationale à l'effet de se trouver à la grande messe avec les corps constitués, pour entendre lire le mandement de l'Evesque, qui ordonne des prières demandées par le 1^"^ consul pour le succès de nos armes, et pour mêler ses vœux à ceux des prêtres. La garde nationale n'a nullement paru et nos jacobins l'ont encore influencée en disant que les Fléchois ne sont pas sol-
dats du pape, et qu'il n'y a qu'un Evesque qui semble ordonner... oh! non, Flécliois... vous ne sentez pas que c'est votre commandant et que tout soldat n'a pas droit de mettre en délibération si le motif de celui qui le commande est fondé ou ne l'est pas?
(( Quoi qu'il en soit, le mandement a été lu : il m'a paru très bien rédigé ; on y fait l'éloge du héros à qui la religion doit le rétablissement de nos autels, la France et l'Europe la paix. On n'invoque point la foudre du Dieu des armées sur l'ennemi, on prie le Ciel de nous donner la paix : voilà l'esprit de la religion.
« i4 Juillet. Or, écoutez, Fléchois, grands et petits, la générale bat à 5 heures du matin pour vous rappeler ce beau jour où les Parisiens, petits et grands, firent le siège de la Bastille au nombre de 80,000 hommes ou plus, et y firent prisonniers le malheureux de Launai, son gouverneur, qu'ils pendirent ensuite, et 18 à 20 Invalides qui la défendoient. Ce jour s'est appelé, du jour de son époque, le 14 Juillet, correspondant, cette année, au 23 messidor. Il fut signalé, l'an 1790, par une pluie qui me traversa jusqu'aux os à trois reprises différentes, ainsi que tous mes frères les fédérés, dans la bonne ville de Paris, qui commençait notre heureuse révolution, parce qu'elle avoit peur d'une banqueroute du gouvernement et qui s'est vue ensuite ruinée et baignée dans son sang, asservie sous le plus affreux despotisme exercée par Robespierre puis par le quinquium virât...
« Thermidor (août 1803). On vient, en conséquence, d'un ordre du préfet, d'organiser un bureau de fabrique dont le maire est président, le curé vice-président : les membres sont au nombre de cinq parmi
lesquels est Rojou. F.e curé a proposé par cet esprit de concilifitiou qui le conduit en tout, d'y faire entrer un Lamotte, l'un des plus grands partisans de Faguet, (ancien curé constitutionnel de Saint-Thomas), c'est ménager les torys et les whis.
(( Janvier 1804. Pompe funèbre du genre sublime (du 19 du présent), puisse, tant que je vivrai, mon esprit en garder la mémoire et mon cœur s'entlammer à ce souvenir. Une fille de la Bretagne s'est retirée encore jeune dans le monastère de nos Visitandines, lorsqu'il étoit dans son intégrité et sa splendeur, avec une figure agréable, de grands yeux, pleins de feu, une trempe d'àme ferme, un esprit propre à la science. Elle connoissoit les vrais principes de notre religion; elle y joignoit la connoissance de l'histoire, de la géographie, etc. J'ignore son nom de famille; elle prit celui de Marie de Chantai (il étoit ordinaire aux Visitandines de porter deux noms de religion),
(( Pendant la Révolution elle fut attaquée d'une vomique, abcès du poumon, qui laissa dans cette partie un ulcère. Malgré le mauvais état habituel de sa santé, elle continua d'observer sa Règle, qui devint d'autant plus austère qu'une infinité de privations, suite des malheurs des temps, s'y joignirent. Je lui ai donné mes soins dans son pénible état de santé; je ne l'ai jamais entendue se plaindre; je l'ai vue se levant en hiver à six heures et se rendre à l'église malgré la toux, l'oppression, souvent la tièvre. Ami de M™*^ Lewis qui désiroit trouver une personne capable de remplir dans sa pension la place de maîtresse de l'instruction religieuse, je fus assez heureux de déterminer M"^" de Chantai à se charger de cet important emploi ; ce fut à
condition qu'elle ne recevroit aucun émolument fixe, tant sa générosité étoit grande, ou plutôt parce qu'elle pensoit qu'elle alloit exercer une sorte d'apostolat qui ne peut ni ne doit être asservi qu'au désir, qu'au devoir de faire le bien.
« Depuis deux ans cette sainte fille instruisoit les pensionnaires de M"^*^ Lewis dans leur religion, les préparoit aux sacrements, et les conduisoit au tribunal de la pénitence et de la sainte communion, lorsqu'épuisée de travaux et de maladie elle a succombé. Dans ses derniers momens elle a conservé son esprit et elle a pu longtems otïrir elle-même sa vie en holocauste; uneheureavant(|u'elle mourut je la vis encore ouvrir sa paupière débile, m'otïrir son bras à toucher.
« Enfin, le moment de son triomphe arriva, le lendemain je rencontrai dans la rue son convois. Ce spectacle étoit unique, rien ne lui a été comparable. Les grands de la terre ont i|uelque chose de plus éclatant lorsqu'on les porte à leur dernière demeure, mais on ne sent que de l'étonnement lorsqu'on est spectateur ; ici dominoit un sentiment profond d'attendrissement, de respect, de vénération. Le clergé paroissoit profondément recueilli ; le cercueil couvert d'une draperie blanche, était orné d'une couronne de laurier. Emblème sublime et digne de cette fille d'Adam, qui avoit vaincu les prestiges, les charmes du monde ; qui avoit surmonté tous les appétits de la chair ; qui avoit crucifié un corps innocent pendant trente années.
« Vingt-cinq vierges, soit Visita n (Unes, soit d'autres communautés, suivent, un cierge brûlant à la main, leurs yeux étoient fixés en terre et leur esprit étoit
dans le Ciel auprès de l'âme de leur sœur. Un groupe attendrissant marclioit ensuite , trente élèves, pensionnaires de M'"'' Lewis, vêtues de robes de soie noire, venoit ensuite ; leurs lèvres pâles, leurs joues baignées de larmes, elles récitent les touchantes prières que leur religieuse maîtresse leur avoit enseignées, leur avoit inspiré de répéter pour le soulagement des fidelles trépassés. Chaque habitant étoit sur le seuil de sa porte avec sa femme, ses enfans, et tous répétoient : c'cû une sainte.
« Ainsi s'éteignent peu à peu ces feux célestes qui bruloient sur la terre pour notre édification, ainsi se tarissent chaque jour ces canaux par lesquels le monde recevoit les faveurs du Ciel, car, n'en doutons pas, les âmes pieuses par la continuité de leurs prières, par leurs mortifications, sollicitent pour nous la miséricorde de Dieu et détournent souvent de dessus nos têtes les fléaux de sa justice.
« Oui, je le crois que Marie de Chantai est au Ciel. Cet enterrement étoit une véritable apothéose et au fond de mon âme je m'écriai : Morialur anima mea morte justorum, c'est à dire inorte illius... mais, moi homme, que je suis loin de cette fille! elle étoit délicate et savoit souffrir; le travail ne la rebutoit pas; elle puisoit une force étonnante assise sur ses talons ou prosternée devant le Saint Sacrement. C'est bien là la source de la force, de la paix, de la sagesse, de la réforme de ses penchans ! »
Enfin, nous lisons, en février iSOi : « La religion reprend de son lustre; il est permis à tout ecclésiastique de le paroitre en public. La soutane va désormais être leur vêtement ordinaire. Le gouvernement
permet aussi aux Religieuses Hospitalières de se rassembler partout où elles avoient des hôpitaux, d'y porter le voile et de le donner à leurs novices. »
Les emblèmes religieux extérieurs, comme les croix, les statues, furent remis à leur place.
(( Le dernier ouragan aïant déformé le coq du clocher de Saint-Thomas, on a été obligé de le descendre avec son support. 11 vient d'être replacé et à ce support on a remis le croisillon qui en avait été ôté par le fanatisme révolutionnaire. Le signe de salut reparoit donc aux yeux de nos concitoyens; il domine donc au-dessus de leurs tètes et de leurs demeures! puisset-il être vu de tous avec la même satisfaction, le même plaisir! Que de maux ont accablé cette cité pendant que le temple du Seigneur n'éloit surmonté que par une machine à nous enseigner d'où venoit le vent! »
Le temps semblait donc devenu plus calme. Les Filles de Notre-Dame se réunirent dans une maison située sur le port (numéro 10, je crois,) où elles tirent publiquement la classe à plus de cent enfants; cinq autres de leurs anciennes compagnes vinrent bientôt se joindre à elles, car, le 30 août 1805, elles étaient déjà au nombre de treize.
L'archiprêtre de Saint-Thomas obtint pour les religieuses un local plus vaste dans la rue Vernevelle, à deux pas de leur ancien couvent, dans la maison qui servait dernièrement encore de gendarmerie.
C'est là qu'elles vont rester, jusqu'à la création du nouveau couvent, et nous allons voir toutes les démarches faites pour obtenir ce dernier résultat.