‹ Le couvent des Filles de Notre-Dame de La Flèche, 1622-1905Chapitre 5 sur 58 · INTRODUCTION V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION V

gnes, vous recevez, pour la dernière fois, des mains de vos vénérées maîtresses, ces prix qui récompensent, cliaque année, votre travail et votre assiduité ! Pour la dernière fois, vous assistez , en ces lieux bénis, à une distribution de prix, et cette fête, autrefois si joyeuse, s'est transformée en une journée de tristesses et de larmes! Un décret impie, sectaire, antilibéral et injuste a suffi pour opérer ce changement.

Obligées de se disperser, chassées d'une maison qui leur appartient, les religieuses de Notre-Dame quitteront l'asile où, entrées jadis sous la foi et la garantie de lois protectrices et justes, elles espéraient finir leurs jours, en travaillant à la gloire de Dieu, au bien moral et intellectuel de notre cité fléchoise. Lorsque paraîtront ces lignes, l'instant de la douloureuse séparation sera tout proche; c'en sera bientôt fini de leur vie de prière et d'étude.

En des temps plus heureux, nul n'aurait voulu dévoiler tout ce que ce cloître austère a renfermé et renferme encore d'abnégation et d'héroïsme ; c'eût été faire une trop intime blessure à l'humilité si vraie et si simple de religieuses qui n'ont jamais eu qu'un désir : faire le bien en silence, sans aucun espoir ni recherche des éloges ou des récompenses terrestres. Personne enfin n'aurait osé les louer dune œuvre qu'elles faisaient avec le désintéressement le plus complet, pour le seul amour de Dieu et de leur sainte règle.

Aujourd'hui, cette réserve et cette discrétion ne sont plus de mise. Il est des circonstances, en effet, où le dévouement le plus volontairement humble et caché doit être pubUquement proclamé, et ce nous est un

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