‹ Le couvent des Filles de Notre-Dame de La Flèche, 1622-1905Chapitre 6 sur 58 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

devoir de dire bien haut ce que fut lOrdre des Filles de Notre-Dame à La Flèche.

C'est pourquoi, guidé par de sages conseils, soutenu par de précieux encouragements, j'ai essayé de répondre à des désirs unanimes en retraçant les pages, jusqu'ici inconnues, de l'histoire de cette communauté. La publication de cet ouvrage n'a donc pas d'autre but : faire mieux connaître l'œuvre chrétienne et patriotique des éducatrices du peuple fléchois, et, partant, accroître encore si possible la gratitude de toutes les âmes, de tous les cœurs qui, depuis tant de générations, ont été comblés de leurs bienfaits.

On aurait pu trouver, assurément, historien plus expert, écrivain plus habile, pour faire pleinement ressortir les beautés de ces trois siècles de vie religieuse sans défaillance. J'avoue cependant n'avoir pas eu de longues hésitations : heureux de rendre moimême un témoignage public à qui de droit, je trouve ainsi l'occasion de reprendre un travail interrompu pendant quelques années.

Après les savantes études de M. l'abbé Charles, il restait peu à glaner dans l'histoire du pays fertois; je réussis pourtant à trouver de l'inédit, et, en 1895, je fis une courte notice sur, les llécollcts de Cherré (1), près La Ferté-Bernard. En même temps, je rassemblai les éléments d'une notice nouvelle sur une autre fondation religieuse qui suivit de près, dans cette même ville, la fondation des fils de Saint-François. Je veux parler du couvent des Filles de Notre-Dame établi à La Ferté-Bernard par le couvent fléchois.

(i) Les Rccollets de Clierré, près La Ferié-Bernavd, t. III et IV de la Province du Maine (1895-1896).

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Jusqu'ici, je n'avais publié, de cette notice, que les premières pages dont je citais quelques lignes au début de cette introduction. Je suis heureux de les compléter aujourd'hui en les plaçant dans leur véritable cadre : l'Histoire du Couvent des Filles de yotre-Dame de La Flèche, suivie de notices sur ses deux fondations.

Le monastère de La Flèche fut fondé, en 1022, par Mère Jacquette de Chesnel, qui s'était déjà, en 1G18, établie à Poitiers, sous la direction de la Bienheureuse Jeanne de Lestonnac. La communauté fut des plus florissantes jusqu'à la Révolution, et les évèques d'Angers, — comme au XIX*^ siècle les évèques du Mans — aimaient à visiter souvent cette perle de leur couronne diocésaine. Les novices y vinrent en si grand nombre, dès le début, que Mère de Chesnel put détacher successivement plusieurs sujets pour fonder de nouvelles maisons à Alençon (1628), à La Ferté-Bernard (1G33).

Ces trois maisons disparurent dans la tourmente révolutionnaire (1792). Celle de La Flèche, seule, put se relever de ses ruines quand le calme fut rentré dans les âmes et la paix dans le pays.

Dispersées une première fois, chassées de leur couvent en octobre 1792, les religieuses de Notre-Dame parvinrent, un quart de siècle plus tard, à se réunir ofïiciellement et à reprendre, dans un nouvel asile, leur vie de dévouement si violemment interrompue.

Et voilà que, pour la deuxième fois, elles vont être spoliées de leurs biens, mises à la porte de chez elles,

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forcées d'abandonner leurs classes et les nombreuses élèves que leur confiait la majorité des familles.

Puisse donc cet humble travail rappeler toujours aux exilées le salut reconnaissant, non seulement des âmes chrétiennes de notre cité lléchoise, mais encore des âmes simplement droites, honnêtes et libérales! Qu'elle leur communique notre espoir d'un retour prochain, et leur redise, non pas noire adieu, mais un réconfortant et sincère au revoir!

Si les témoignages humains ne suffisaient pas, le Ciel lui-même se chargerait de démontrer à tout l'Univers que cet Ordre de Notre-Dame reste digne, aujourd'hui comme jadis, de ses grâces et de ses bénédictions. N'est-ce pas, du reste, ce qu'il a fait, en laissant mettre sur les autels la Bienheureuse Fondatrice?

Je n'ai pas la vaine prétention de décrire, en cette étude, la vie et les vertus de la B. Jeanne de Lestonnac; des voix plus éloquentes, des plumes aussi habiles qu'autorisées l'ont chantée et glorifiée mieux que je ne saurais le faire. Cependant, pour rester historien complet, bien que concis, ne faut-il pas rappeler au lecteur ce qu'est cet Ordre dont fait partie la maison de La Flèche, auquel appartenaient également les anciens couvents d'Alençon et de La Ferté- Bernard?

D'où la nécessité de recourir aux « Maisons Mères ». Ainsi nous serons amenés à parler successivement de Mère de Lestonnac et de sa première maison à Bor=

Introduction li

deaux, de Mère Jacqiiette de Chesnel, à Poitiers d'abord, à La Flèclie ensuite, de xMère Marie Guyard à Aleiiçon, et de Mère Marie Heuliii à La Ferté-Bernard.

La fondation de toutes ces maisons se ressemble par tant de points, certaines ont entre elles des liens si étroits et le surnaturel s'y présente sous des aspects si uniformes, que l'on ne saurait étudier l'établissement de La Flèche sans s'occuper de tous les autres.

Il se fonda vingt-neuf maisons du vivant de Jeanne de Lestonnac. De ce nombre sont les maisons de La Flèche, d'Alençon et de La Ferté-Bernard. On est autorisé à croire, qu'en ces communautés, l'esprit vigilant et maternel de la Bienheureuse éclaira les intelligences, anima les cœurs et guida la marche toujours chancelante des premiers pas. La tradition s'y est aussi, par là même, mieux conservée, plus fidèlement transmise; il est facile, grâce aux documents, de trouver cette tradition intacte, et, à La Flèche, — pour ne citer que le couvent qui nous touche le plus — il est non moins facile de la faire remonter, par une suite non interrompue de supérieures, à la première Supérieure et Fondatrice. C'est d'autant plus compréhensible pour la communauté fléchoise que Mère Jacquette de Chesnel fut l'une des premières novices de Mère de Lestonnac. Entrée à Bordeaux en 1613, elle resta cinq ans sous la direction de la Bienheureuse, qui la jugea digne et capable, à cette époque, de diriger elle-même une maison nouvelle à Poitiers.

La division de cet ouvrage sera donc bien simple,

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son économie toute naturelle, basée sur les faits euxmêmes. L'Histoire des Filles de Notre-Dame de LaFlèehe comprendra six parties :

La PREMIÈRE PARTIE traitera de l'Ordre de Notre- Dame en général (1607-1622). Un premier chapitre en rappellera les origines, le but, la nécessité; un second en montrera spécialement la nécessité pour notre pays fléchois.

La DEUXIÈME PARTIE ira de la fondation du couvent de La Flèche jusqu'à la mort de sa fondatrice, Jacquette deChesnel (1622-1652).

La TROISIÈME PARTIE s'éteudra de la mort de Jacquette de Chesnel à la Révolution (16")2-1789).

La QUATRIÈME PARTIE traitera de la Révolution et ira de la vente du couvent jusqu'à sa restauration, de la première dispersion des religieuses jusqu'à leur réunion officielle (1789-1816).

La ciNQuiÈ.ME PARTIE Comprendra la restauration du couvent jusqu'à la deuxième dispersion des religieuses (1816-1905).

Enfin, l'histoire du couvent fléchois ne serait pas complète si l'on n'y ajoutait l'histoire de ses deux fondations. C'est pourquoi, aux cinq parties susdites, viendront s'adjoindre, en une sixième partie ou supplément, deux courtes notices sur les couvents d'Alençon et de La Ferté-Bernard.

Ce travail ainsi divisé, encore qu'il paraisse facile, serait demeuré, cependant, bien au-dessus des faibles moyens de l'auteur, si celui-ci n'avait eu, pour le guider et le soutenir, de précieux auxiliaires, non moins que de sympathiques conseils, de sincères encouragements.

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