RÉPONSE
A liXE ÉPITRE DE M. DE LAGRETELLE,
01 L'ACâDimi PRANÇâISB.
Fier et reconnaissant de votre jeune épttre, Me voilà y pour répondre ^ assis à mon pupitre! Mais c'est embarrassant de faire de beaux vers; Quand le cœur est joyeux, l'esprit va de travers, Et ma verve s'éteint, quand la vôtre s'allume. Gomme un vin capiteux, l'encens porte. •• à la plume, Et les mots enivrés trébuchent sous mon doigt : Vos louanges d'ami m'empêchent d'aller droit. N'importe : quoiqu'au ciel il ait perdu les anges. Quel ravissant poison, que celui des louanges! Un autre en rabattrait : moi, je n'en rabats rien; Je crois tout, je prends tout, mon maître, et je m'y tien.
Vous m'élevez un trône, il faut bien que j'y reste. Gomment faire, d'ailleurs, pour paraître modeste? Moi qui, sur tous les points, ai, depuis que je vis, Toujours eu le bonheur d'être de votre avis.
Je ne puis pas si vite oublier de vous croire : Signé de vous, l'éloge est pour moi de l'histoire. Priez Dieu seulement que je meure ignoré :
Si jamais on me lit, je vous compromettrai.
J'étais, dans mon vieux cloître, à lire les étoiles. Dont mes chants quelquefois ont cru percer les voiles, Quand un écho, parti des vignes de Bélair, Est venu me trouver aux sentiers de Kepler.
Adieu de ces chemins les hauteurs escarpées.
Et leurs ombres de feu, par Newton dissipées! Les astres ont repris leur cours silencieux, Et j'ai, pour vous bénir, interrompu les cieux. Je me suis presque aimé, quand j'ai vu, sans nuage, Le miroir de vos vers réfléchir mon image.
Vos pinceaux, tout brillants de générosité, Ont tracé mon portrait avec tant de bonté.
Que, sans vouloir chercher si vous étiez fidèle. Je me suis mis d'abord à songer au modèle ;