TOUT EST VRAI
Il faut que ce soit moi y qui , plaidant pour les deux y Aux rêves de l'esprit recondui«e vos yeux!
Sans douté, comme vous, j*aime à voir le j)oëte, De la création lumineux interprète, Entre le ciel et lui jetant à flots ses vers, Jusqu'au chaos vaincu remonter l'univers; J'aime à voir de Newton, traduit par l'harmonie. Le calcul s'assouplir, et changer de génie : Ou, d'un pont nuageux courbé sur le néant, Voir de l'histoire humaine osciller l'Océan; Rendant la poésie à sa mâle origine.
J'aime à voir les accents d'une langue divine. Autant que les sujets civiliser les rois.
Sans flagorner la foule, en proclamer les droits, Et du champ populaire, encombré par l'ivraie. Déblayer les sillons, où le bon grain s'effraie. Oui : mais, des temps futurs orgueilleux souverains, Ces chants consolent-ils un seul de nos chagrins ? Hélas ! non. Quelque amour que l'on ait pour ses frères. Le destin, sous nos yeux ramenant nos misères, Pour les approfondir nous les fait mesurer :
Et quand on pleure , on songe à ce qui fait pleurer.