‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 120 sur 172 · LE NIL · texte numérisé non relu

LE NIL

Gomme ces papyrus, tout chargés de mystères , Qui semblent, défiant nos doctes commentaires, Se dérouler pour nous des sommets du passé, On dirait que le Nil, du ciel même élancé. Nous verse de ses eaux l'énigme vagabonde.

Symbole voyageur de l'histoire du monde, D*où vient-il? on ne sait : personne, de nos jours, N'a, jusqu'à son berceau, remonté ses détours; Ni ces hardis marcheurs, en quête d'xme preuve. Bravant la mort pour voir la naissance d'un fleuve ; Ni ces savants dont l'œil, de travail desséché. Croit toujours avoir vu, parce qu'ils ont cherché. En sait-on plus sur l'homme ? Où prenez-vous sa source ? Sous quelle latitude a commencé sa course?

D'où sort ce fleuve immense ^ et toujours débordant, Qui refait devam lui la terre, en l'inondant?

A peine déchaîné de quelque humble caverne, Où vagit à l'écart son onde subalterne, Dans des champs ignorés le Nil coule sans nom, Et, rival à venir des hymnes de Memnon, Rien n'écoute et ne voit passer ses flots sauvages. Que les astres sans voix, et les muets nuages. Incertain de son but, il a, loin de nos yeux, Terrestre pèlerin , ses témoins dans les cieux. De même, en s' échappant de ses mines lointaines. L'humanité sans bruit parcourt d'arides plaines, Marchant sans savoir où , ne sachant même pas, Qu'après l'avoir poussée, un Dieu compte ses pas.

Bientôt le tronc du fleuve en rameaux se partage. Et, du lit paternel désertant l'esclavage.

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