LIVRE TROISIÈME. SS
Chaque rameau qui fuit va, sous des deux nouveaux, Ck)mme un arbre écumeux, épanouir ses eaux.
Laissons à chaque branche aller chercher sa bei^e, Et suivoils du grand Nil la tige errante et viei^e. Souverain enrichi du tribut des torrents, Qui viennent rallier ses drapeaux transparents, L'ondoyant Pharaon nourrit de ses voyages Un sol, tout hérissé d'opulents paysages , Peuplé de marbres-dieux, de palmiers pavoisé. Cest le Nil des Thébains, le Nil civilisé.
Dont les adroits circuits ont esquivé les lies. Où son cours s'épuisait en remous inutiles; Qui s'est débarrassé des sables, dont le poids. De ses flots conquérants, retardait les convois; Qui, vainqueur des rochers dont la haute muraille Ne l'a laissé passer qu'au prix d'une bataille. Se gonfle, et bouillonnant encor de ses assauts. Roule, en triomphateur, couronné de vaisseaux.
Notre marche complexe oSre aussi ces spectacles. Après avoir franchi tant de jaloux obstacles,
Qui voulaient lui barrer les chemins de son choix , ^humanité s'avance avec ses flots de rois^ Portant y au lieu d'escadre , un essaim de pensées, Qui va de l'avenir tenter les traversées, Et, chargé de trésors par le temps découverts. Faire, de front en front, le tour de l'univers.
Ehl que d'autres rapports entre la race humaine, Et, sultan limoneux de la terre africaine.
Ce fleuve agriculteur, entouré de guérets, Dont sa charrue humide est le premier engrais. Sels ondes d'aujourd'hui qu'assis dans la poussière Regardent, d'un air morne, avec leurs yeux de pierre. D'impérissables sphinx, sourds gardiens du passé; Ses ondes, dont les plis ont peut-être bercé L'ombre de Bonaparte et celle de Gambyse, Semblent, avec le bruit des foudres de Moïse, Charrier les secrets des mondes souterrains.
Pe ceux qui ne sont plus pieux contemporains, Ses mouvements, des leurs scoliastes fluides. Racontent tous au jour la nuit des Pyramides,