‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 124 sur 172 · LA PLUME DE CYGNE · texte numérisé non relu

LA PLUME DE CYGNE

Ce n'est pas au bonheur que l'on doit les poëtes, Et les félicités ont des lyres muettes.

On dirait que toujours , prêts à se lamenter, Les hommes ont besoin de souffrir pour chanter ; Que c'est par les douleurs que notre âme est bénie j Et que l'affliction est la clef du génie.

Essaim glaneur qui rôde autour des buissons verts , Les fanfares du bal effarouchent nos vers.

Hôte inspiré des bois, s'il les quitte, le barde. Aux pompes de la cour, rarement se hasarde; . Offensive aux heureux, sa pâleur de proscrit Est à l'aise où l'on pleure, et jamais où l'on rit. La pourpre lui va mal; nos joyeuses parures.

Gomme le drap des morts étouffent ses murmures ;

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