‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 133 sur 172 · LIVRE QUATRIÈME. 24B · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. 24B

Est-il un jour où Dieu n'ait pas quelque désastre Chargé de supprimer ou de rayer un astre ?

Contemplez Thomme enfant 1 Sa tète est un chaos, Où roulent pêle-mêle, avant que d'être éclos, Des germes, des fragments, des essais de pensées, Qui doivent, quelque jour. Tune à l'autre enlacées. Cristal intelligent, réfléchir l'univers.

L'adolescence arrive, et ces germes divers Confondent à l'envi les trésors de leurs sèves. L'existence au maillot se débrouille : nos rêves. Pour embrasser la vie , ouvrent tous leurs rameaux : C'est l'heure du printemps, qu'amènent les Gémeaux. Le boui^eon échauSé veut devenir feuillage :

L'arbre aspire à des fruits que sa verdure ombrage , Et le champ du cerveau, qui mûrit chaque jour, Prépare à la jeunesse un fertile séjour.

La jeunesse y descend, dont l'active industrie Tourne, excite, remue, agrandit sa patrie :

L'esprit semé rapporte, et le monde est formé. Il marche, il vit, il parle, il se sait animé. Et ce fleuve limpide, où se peint la nature.

Jouit d'en réfléchir la vibrante peinture.

Tout ce qui s'y présente y passe traits pour traits , Les objets qui sont loin , les objets qui sont près. Et ceux qui sont réels, et ceux qu'il imagine. L'homme a dans sa pensée une sphère divine, Qu'il peuple comme il veut, et sans savoir comment. Tout s'y classe à la fois, et sans encombrement. Les mines, les forêts, les cités, les rivières, L'Océan , resserré sans avoir de barrières , Ses lies, ses rochers, ses trombes, ses volcans. Les glaciers, les éclairs, les fleurs, les ouragans. Ce qui vit, ce qui meurt, ce qu'on hait, ce qu'on aime. Les étoiles, les cieux, l'immensité. Dieu même.

Touché par le soleil de la virilité.

Une ardeur de puissance et de fécondité.

De l'univers de l'âme, injecte le dédale :

Et l'homme, décrivant son ellipse morale.

Au sommet de sa courbe arrive en pleins rapport».

Le feu bout sous son front, qui résonne d'accords.

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