LIVRE QUATRIÈME
Sentant derrière lui le monde s'effacer.
Des glaciers du Thibet, il se laissait glisser Aux pentes de THémus, aux rocs du Borysthène, Allant du Parthénon, que le soleil d'Athène De ses rayons sculpteurs deux mille ans colora, Voir les piliers noircis des caves d'^lora ; De ces ruches de pierre, où, pourjiourrir la foule. Des pures fleurs de Tâme un miel impur découle, (doutant chercher sur mer ces pâtis de corail. Où, poussé par la faim, broute, comme un bétail. Je ne sais quel ramas de monstres vivipares.
Qui se mangent entre eux, quand les herbes sont rares. Aucun obstacle humain ne pouvait l'arrêter.
Si bien que les pays, qu'il voulait visiter.
Semblaient venir eux-mème, atome par atome.
S'apporter en hommage au sublime fantôme.
D'où vient ce songe étrange et grand ? Serait-ce pas, Que proche de la sphère, où ne vont point nos pas, n s'était déjà fait citoyen d'un empire, Où, comme un seul poumon, tout à la fois respire; Où l'espace étant nul, et le temps détrôné.
Tout est contemporain, et tout simultané?
Serait-ce pas qu'avant sa seconde naissance , Son âme avec Dieu même avait changé d'essence, Et qu'avant l'heure, armé de son nouveau pouvoir, Il voyait l'univers comme il allait le voir?