‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 143 sur 172 · LE SON · texte numérisé non relu

LE SON

Gravissez la montagne, et plus elle s'élève, Plus l'air rare et léger vient à manquer de sève ^ Plus le son dégénère et perd d'intensité; Il expire, en montant, par le vide emporté.

A mesure qu'on voit, s' éloignant de la terre. Se rapprocher le ciel où l'œil se désaltère, La parole et la voix semblent n'avoir plus cours; Car, où l'homme n'est pas, à quoi bon leur secours? Dieu nous a fait ces dons pour nous faire comprendre , Mais lui n'a pas besoin qu'on parle pour entendre. Gomme autrefois les Juifs, en quête des hauts lieux. N'allez donc pas chanter vos hymnes près des cieux ! Les monts n'en veulent pas : vos chants les plus sublimes, Gomme un muet brouillard, se perdront sur leurs cimes.

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