‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 166 sur 172 · UN CHANT DANS LE DÉSERT · texte numérisé non relu

UN CHANT DANS LE DÉSERT

Souvent je me sens las, découragé des vers.

Quand ma raison se met à tàter l'univers , Il pleut de toutes parts des cendres sur ma flamme. Voyant quel cas on fait des sueurs de notre âme , Je me dis : Â quoi bon^ prodigue de ses chants , Ck)mpromettre la lyre aux bazars des marchands, Et 9 sur d'ingrats sillons promenant ses mains pleines , Ensemencer d'accords la paresse des plaines?

Faut-il laisser entrer, dans nos chastes dortoirs, Le bruit fiévreux de l'or sonnant sur les comptoirs, Et, loin des frais sentiers de l'antique Égérie, S'embourber jusqu'au cœur aux champs de l'industrie ? Pourquoi dans l'air épais, qu'on respire en commun, Des roses de son ciel hasarder le parfum?

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