LE POISSON VOLANT
Du pont de vos vaisseaux, avez-vous vu, les soirs. Ce douteux habitant des humides manoirs, De son lit de fucus désertant les broussailles. Agiter, hors de l'eau, son plumage d'écaillés? Point d'asile pour lui dans son profond berceau! Voyant, sous chaque vague, arriver un bourreau. Il allonge, pour fuir Tonde inhospitalière.
Ses nageoires de nacre en ailes de lumière.
Fuite inutile, hélas 1 II n'est bien nulle part. Qu'il monte ou qu'il descende, il est partout bâtard. Quand il veut s'élever, l'humidité natale Manque à ses avirons, que sèche la rafale; Et quand il s'en retourne à ses premiers dangers. Il trouve les flots lourds , et les airs plus légers.