‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 67 sur 172 · LIVRE DEUXIÈME. IH · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. IH

Sont aujourd'hui d'un monde , où le vent , qui vous pousse , La guerre va s'éteindre à leur chevet de mousse : Us ont uni leurs mains et plié leurs drapeaux. Si ce n'est pas mes vers, croyez-en ces tombeaux ! Voyez ces fleurs sortir des pierres ébréchées ! Ce ne sont pas des fleurs que le meurtre a tachées : C'est la blanche Asphodèle, et la pâle Hespéris, L'or de la Cinéraire, et Tazur de l'Iris, Des fleurs qui veulent dire : Amour, espoir, silence. Quand au souffle du soir leur tète se balance, Leurs doux frémissements, qui s'exhalent tout bas. Ne ressemblent en rien à des airs de combats : C'est un hymne de paix, un parfum d'harmonie. Qui monte, comme un vœu, de la terre bénie.

C'est un chant d'exilés, mal compris sur nosT^ords, Et qui dit aux vivants : Ne pleurez pas les morts.

Page 1