LES FEUX D'ARTIFICE
Nous marchons dans la nuit, plies sous nos fardeaux, Nuit sombre, dont le ciel exile ses flambeaux; Et nous suivons ainsi notre aride carrière, Sans un rayon doré qui rie à la paupière, Baignant de nos sueurs un chemin qui conduit.... Vers un gite plus sombre, hélas 1 que notre nuit. Avouons-le pourtant : de charitables astres Viennent, de loin en loin, levés sur nos désastres, Rendre, en les éclairant, nos brouillards lumineux. De plaire à ses sujets haby^ment soigneux, Quand le prince est content et les peuples tranquilles, Il allume pour eux les ténèbres des villes.
Innocente aussitôt, la poudre, qui détruit.
Éclate en palais d'or, que sa foudre construit.