LIVRE DEUXIÈME
Il s'improvise aux cieux,* dont elle fend les voiles,
Un second firmament, qui neige des étoiles :
D'infatigables fleurs s'y pressent : c'est dans Tair
Un déluge de bruit, un vacarme d'éclair.
Qui fait bondir l'écho, comme un orgue sonore :
C'estbeau,c'estgrand,c'estriche. . .etbienpluscourlencore.
D'autres rois, dans la nuit, font naître aussi le jour. La gloire, quelquefois, le génie ou Tamour, Des sombres mers de l'âme illuminent les grèves. L'illusion, l'espoir, allumant tous leurs rêves, Sont autant de soleils, qui tournent sous nos yeux. Des panaches d'épis, des bouquets radieux.
Poussent de tous côtés leurs gerbes magnétiques. La bombe au vol de pourpre , aux ailes prismatiques. Du ciel de la pensée envahit les parvis.
Fond en grésil d'opale, en flocons de rubis, Et nous retombe au cœur en larmes de lumière. C'est un printemps de feu, qui dore l'âme entière. Mais ces fêtes, hélas! ne durent pas longtemps. Pas plus que les bienfaits des rois qui sont contents. Que reste-t-il des leurs, que reste-t-il des nôtres ? De brumeuses vapeurs qui se mêlent aux autres.
4ît LE COUVRE-FEU.
Et semblent retarder le lever du matin. Gloire 9 génie, amour, qui réglez le destin, Heureux les yeux prudents et les cœurs qui vous craignent : Toutest fumée, hélas 1 jusqu'aux vers qui s'en plaignent.