LES CERCLES
Jetez dans l'Océan un des cailloux du bord !
Un cercle s'y dessine, un second le remplace, Un troisième survient, qu'un quatrième efface, Et tous, s' agrandissant, disparaissent d'accord. Votre pierre s'enfonce, et, sur Fonde polie.
Il ne reste pas même une ombre qui la plie.
Jetez un cri dans l'air! les échos bondissant Se rejettent entre eux ce bruit qui se dévore; Il vole, il glisse, il court sur une onde sonore. Dont les cercles nombreux, toujours s'élargissant , Meurent d'immensité. L'air ému se rassure :
Le son qui l'a troublé n'est plus même un murmure.
hU LE COUVRE-FEU.
Rien de stable ! Jetez dans la vie un grand nom ! Il fuit de cercle en cercle, et d'âge en âge il passe, A chaque pas du temps occupant plus d'espace : Puis, l'espace trop plein manque à ce grand renom; L'humanité se tait : l'histoire le supprime.
Et c'est au tour d'un autre à tomber dans l'abtme.