‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 78 sur 172 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Du char de découverte elle rompt les essieux , Et, jusqu'à Nicétas, paralyse les cieux.

Ce n'est pas au hasard que ces hommes arrivent : Ils viennent à jour fixe , et quand il faut qu'ils vivent : Ils vivent ce qu'il faut, pour nous ouvrir les yeux. Si Copernic naissant fût mort silencieux.

Au lieu de Pythagore écoutant Ptolémée, Le soleil poursuivrait sa route réformée, Et la terre, avec lui, verrait, du sein des airs. Autour de son repos pivoter l'univers; Mais la terre aspirait à se voir révélée.

Et Copernic vécut, pour fonder Galilée, Comme, de son compas, un autre rejeton, Kepler, pour déblayer la route de Newton.

N'en allez pas pourtant conclure avec audace, Qu'un être, ainsi trempé, marque toujours sa trace; Qu'un homme forcément s'empare des humains.

Quand il peut les guider par de nouveaux chemins , Et, sur un sol criblé de pièges et d'obstacles. Doive, en dépit de tout, pousser tous ses oracles 1

Il n'en va pas ainsi; rien pour nous n'est certain.

Des étoiles souvent le navire lointain

Semble, à notre œil profane, aller à la dérive,

Et, des cieux du génie éphémère convive,

Plus d*un grand homme en tombe, éclipsé pour toujours;

L'astre de choix s'éteint sans achever son cours.

Ehl pourquoi meurent-ils, s'écriera le vulgaire. Quand venus, selon vous, pour semer une autre ère. Ils doivent à leur suite entraîner nos progrès ? Représentants du sort auprès de nos congrès , Copernic, Galilée, exposent leur message :

Vainqueurs des préjugés sifflant sur leur passage , Ils livrent aux mortels ce qu'ils ont de secrets 1 Sont-ils pas moins puissants, moins dignes de regrets, Ceux que surprend la nuit au seuil de la carrière , Et qui n'ont *pas le temps d'y jeter leur lumière? Ne nous parlez donc plus , sur vous seul appuyé , De je ne sais quel homme, à la terre envoyé.

Qui devait, du Très-Haut commentateur suprême. De l'univers vaincu déchiffrer le problème !

Si ce grand inconnu, dont vous vantez le nom. Ce Platon traducteur des hymnes de Memnon,

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