‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 8 sur 172 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Elle a, comme toujours, des histoires divines, Qui semblent de la nôtre émousser les épines, Et des chants inspirés, pleins d'ombre et de soleil. Qui bercent l'insomnie ou charment le réveil. Païenne d'autrefois, comme l'étaient les Grâces, Qui du char d'Aphrodite accompagnaient les traces. Et laissaient de leur lèvre échapper, en dansant. Des mots qui poussaient fleurs sousleur pied bondissant ; Chrétienne d'aujourd'hui, comme le groupe austère Des trois vertus que Dieu couronne sur la terre. Comme la foi qui vient guérir le cœur humain. En y reconduisant ses deux sœurs par la main. Cette femme, ou cet ange, est-ce une fantaisie? Décidez-en : son nom, parfumé d'ambroisie.

Est encor à présent celui qu'elle portait, Quand, ne pouvant la voir, Homère la chantait. La France a conservé celui qu'elle eut à Rome , Et c'est la Poésie enfin qu'elle se nomme.

Juin 4857.

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