‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 96 sur 172 · LA SOURCE · texte numérisé non relu

LA SOURCE

L'homme jeune est un roi, par Dieu même sacré,

Dont le trône invisible est partout révéré.

Des États qu'il parcourt prince cosmopolite.

Il habite en lui-même une ville d'élite,

Dont l'Arabe envirait le luxe oriental,

Et dont les temples d'or, les thermes de cristal.

Se construisent d'eux-même aux accords de son âme.

Un magique soleil l'échauffé de sa flamme.

Et mêle à ses trésors les trésors du printemps.

Mais ce royal Éden ne dure pas longtemps.

Lâge arrive, suivi de son frileux cortège.

Qui veut, dans son blason, jeter des fleurs de neige.

Dont l'haleine bientôt ternit, comme un brouillard.

Ces palais, qui font honte aux merveilles de l'art.

Ces jardins, rayonnants de perles nuancées, Où le roi, jmir et nuit, tient sa cour de pensées. Un souffle les fit Battre, un souffle les abat. Tout cède, tout s'écroule à peu près sans combat; Et que lui reste-t-il de ce règne rapide?

Des regrets, et, dans l'ombre, une source intrépide. Une petite source, aux flots apprivoisés.

Qui chante jusqu'au bout autour des murs brisés. Rien ne la décourage , et sa plaintive aumône Console, en l'assistant, le roi tombé du trône. Cette source, fidèle aux décombres du cœur.

Et qui trompe du temps le pied toujours vainqueur. Est-il besoin de dire ici conmie on la nomme? L'Espérance, la sœur de charité de l'honmie.

Qui veille au froid chevet de nos désirs mourants. Est comme ce ruisseau, dont les flots transparents, Après avoir roulé dans des lits de porphyre.

Arrosent des déserts qui furent un empire.

Réfléchissant leur deuil morne et silencieux. Mais, avec ces débris, réfléchissant les cieux.

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