‹ Le Crédit Agricole Dans L'HéraultChapitre 22 sur 29 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Des modifications à apporter au fonctionnement des Institutions

de Crédit Agricole dans l'Hérault

Des deux formes sous lesquelles s’est présenté le Crédit Agricole dans l'Hérault aucune, on l’a vu, ne répond exactement à la pensée du législateur. La première était un essai d'adaptation du Crédit ordinaire à l'Agriculture, il repose tout entier sur le concours prêté par un grand établissement financier, la Société Générale,à cette tentative; on ne songera pas à en nier les résultats, ni les services rendus. Mais, si l’on suppose qu'à la suite d’un fonctionnement moins régulier dans les affaires de cette caisse rurale (et le Crédit Agricole des Syndicats de l'Hérault est en ce moment aux prises avec certaines difficultés : créances litigieuses) des ordres venus d'en haat interdisent à la succursale de la Société Générale l'escompte du papier présenté par la Caisse locale de Montpellier, ce sera l'impossibilité pour cette dernière de continuer ses opérations. Une telle conception du Crédit Agricole exige, pour recevoir son application, la réalisation de certaines réformes demandées : en premier lieu Îla commercialisation des effets de l’agriculteur, et elle exige aussi ef surtout qu’on s'attache à perfectionner l'éducation économique du viticulteur pour lui

permettre de comprendre quels sont les avantages et les exigences du crédit.

La seconde tentative (elle comprend toutes les autres caisses du département) a nettement séparé sans doute le Crédit Agricole du Crédit ordinaire, mais n’a pas mieux respecté, selon nous, la volonté du législateur ; les fondateurs des différentes caisses n'ont pas cru devoir faire appel, sinon à la générosité, du moins à la participation de l’agriculteur, pour la constitution d’un fonds de roulement; ils ont uniquement utilisé les sommes mises par l'Etat à la disposition de l’agriculture, ou celles que quelques capitalistes avaient engagées (ans la souscription de parts de la Caisse Régionale. Le législateur, en votant la loi de 1899, désirait bien soutenir pécuniairement l’agriculteur, mais seulement pour seconder ses propres efforts.

On a expliqué pourquoi il ne pouvait en être autrement : l'incertitude planant sur l'avenir de ces sociétés, l'état précaire dans lequel se trouvaient les viticulteurs, au point de vue économique, avaient rendu ces paysans bien fimorés ; ils refusaient aussi de se lier par une solidarité qui leur paraissait dangereuse ; plus tard même, après y être arrivés, ils ont cru nécessaire d'apporter des limitations qui, selon nous, atténuent considérablement l'effet de cette solidarité. En agissant ainsi, ils songeaient au présent: ils n'envisageaient nullement l'avenir réservé à des sociétés établies sur de telles bases; incapables d’avoir une vie propre, créées pour remédier à une crise violente, elles devaient sinon disparaitre, du moins péricliter, lorsque cesserait cette crise : et le ralentissement dans leurs affaires, signalé plus haut, semble venir corroborer cette opinion.

Il paraitrait nécessaire, si l'on veut avoir des institutions durables, d'apporter certaines modifications à leur constitution.

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