Ch. Benoist, L'organisation dutravail, t. 1, p
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vèrent, selon l'expression de M. Charléty, l’étoffe d’un Rédempteur et la matière d'une religion.
Le cadre de cette étude ne saurait comporter une histoire détaillée du cercle saint-simonien: on ne décrira pas après tant d’autres la formation de l'Ecole, la propagande doctrinale par les conférences de la rue Taranne, par les missions apostoliques et par la presse, puis la déformation de l'Ecole en Eglise, la retraite conventuelle à Ménilmontant, la crise de religiosité délirante, le procès bruyant, les schismes, les folles expéditions en Orient, enfin la rentrée dans le bon sens, l’activité pratique et heureuse des fidèles dispersés ; on voudrait seulement creuser un peu la psychologie de ces hommes, dont les doc-
trines allient l’utopie et le réalisme et dont la vie
offre un mélange curieux de mysticisme et d’utilitarisme. TS . Le Saint-Simonisme a recruté ses adeptes principalement dans la classe éclairée. Pour s'expliquer le succès de sen expansion silencieuse », il est bon de se représenter avec quelque nettelé l’état d’âme - de la génération qui atteignit la plénitude de sa virilité vers 1830, celle des enfants du siècle. -
Ils avaient été « conçus entre deux batailles », « mis au monde au sein de la guerre pour la guerre », élevés dans des collèges qui étaient déjà des casernes; la gloire qu’on respirait partout et dont ils étaient grisés avait surexcité en eux. une fièvre
d'activité que les expéditions napoléoniennes pro:
mettaient d’absorber.largement.. Mais la paix était
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