‹ Le crédit comme stimulant et régulateur de l'industrie: La conception Saint-Simonienne, ses réalisations; son application au problème bancaire d'après-guerreChapitre 22 sur 97 · EE A (LATE · texte numérisé non relu

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= y.— venue au moment que leur âge allait les appeler au combat : elle les avait condamnés aux oisivetés pesantes et monotones ou aux médiocres professions, mesquines el ternes ; leurs ambitions connurent les désenchantements (1). Ils cherchèrent dans les croyances des religions traditionnelles un - appui et une consolation ; mais la philosophie avait ébranlé les dogmes établis (2).

Ainsi la maladie de cette jeunesse soucieuse venait de deux causes, de ces deux blessures que Musset dit qu’elle portait au cœur : 93 et 1814; celle-ci en avait fait des désœuvrés ; celle-là, des désespérés.

Impatiente d’action, elle était la proie toute marquée de ceux qui viendraient offrir une fin illusoire à son énergie inemployée ; en quête d’une croyance, elle répondrait au premier appel de quiconque apporterait la sécurité d’une conviction aux vagues aspirations de son âme incertaine.

De ces jeunes gens, les uns allèrent de la sorte vers le cénacle de la littérature romantique, d’autres

1. Déclaration d’un disciple: Procès ;,p. 424 (dans les Œuvres complètes): « Nous rêvions quelque chose de mieux, quelque chose de grand qui fût à notre hauteur. Nous n'avons plus les joies du guerrier ; nous n'avons plus de croisade à faire, de monde à découvrir; le temps même est passé des expéditions napoléoniennes. »

2. Isaac Pereire parle de «l’affaiblissement général des croyances qui soutenaient auparavant les hommes et affermissaient leur moralité en fortifiant leur cœur et en leur portant des consolations et des espérances ». — Cf. d'Eichthal: «Hier encore l'individu avait des dieux auxquels l’enchaïnaient des habitudes de respect ; aujourd’hui ces dieux ont disparu et il ne sait où rattacher ses croyances ». — Sur cet état d'esprit, voir encore Léon - Halévy, Introduction aux Opinions littéraires.

“vers les clubs politiques des sociétés secrètes, d’autres enfin, abandonnant leurs occupations. ou sacri-

fiant léur fortune, vinrent se grouper autour des premiers disciples de Saint-Simon et demander à sa doctrine un aliment pour leur esprit ou un soulien

“pour leur cœur, Or beaucoup avaient l’esprit bien fait, façonné par

la culture mathématique : ils mirent dans les théories

saint-simoniennes toute la logique ettoute la rigueur ‘que donne l'habitude du raisonnement géométrique. Plusieurs des polytechniciens attirés par l'Ecole étaient des ingénieurs. des. mines; frappés. chaque jour par l'essor que les inventions du machinisme imprimaient à la production et aussi par la vie très -dure qu’elles faisaient aux classes ouvrières : ce sont eux qui introduisirent dans le Saint-Simonisme les vues sensées et pratiques sur l’organisation économique du travail industriel et c’est aussi sous leur

‘inspiration que le Saint-Simonisme proclama la

nécessité de corriger la transformation industrielle par .la transformation sociale et de faire servir la production accrue à la généralisation de la richesse.

Les Saint-Simoniens eurent avec la Banque pres-

-qu’autant d’attaches personnelles ou familiales à qu’avecle Corps des Mines et des Ponts et Chaussées ; elles nous intéressent particulièrement, car elles durent contribuer à leur faire apercevoir les possi-

bilités de développement et de rénovation recélées par la banque. Saint-Simon lui-même dans sa vie aventureuse fut souvent en relations avec les finan-

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