‹ Le crédit comme stimulant et régulateur de l'industrie: La conception Saint-Simonienne, ses réalisations; son application au problème bancaire d'après-guerreChapitre 41 sur 97 · LE SAINT-SIMONISME PRATIQUE LA RÉALISATION DU CRÉDIT À L'INDUSTRIE · texte numérisé non relu

LE SAINT-SIMONISME PRATIQUE LA RÉALISATION DU CRÉDIT À L'INDUSTRIE

« I ne me suffit pas d’avoir tracé sur le papier de gigantesques Se je veux. encore écrire mon idée sur le sol.

Ce plan d’action . grand Saint-Simonien (1), caractérise aussi bien toute l’œuvre en partie double du Saint-Simonisme lui-même. Le Saint-Simonisme, économique ne se confina pas dans l’atmosphère artificielle des spéculations philosophiques, et la doctrine esquissée par Saint-Simon, précisée par le Producteur et codifiée par Bazard, recélait une idéeforce qui répondait trop exactement aux besoins des sociétés nouvelles pour tarder à se réaliser soi-. même dans des constructions positives et matérielles : l'ère des applications et des résultats n’est pas moins instruciive que celle des conceptions théoriques ;- . c’est elle dont on va maintenant retracer l’histoire. Les œuvres du Saint-Sinonisme pratique ont

1. Ce mot a été dit par Emile Pereire à Armand Carrel, : lorsqu'il quitta le National (Rapporté pee “Théophraste, Etudes chtiqUes et ee P. sua

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fructifié surtout sur deux terrains, dont on constatera

l’étroite connexité : l’industrie des chemins de fer et les institutions de crédit.

Deux initiateurs de haute taille dominent à la fois ces deux domaines : ce sont Emile et Isaac Pereire.

On a déjà dit incidemment que les frères Pereire, pénétrés de l'intuition du rôle grandiose que les entreprises associées d'utilité publique allaient jouer dans la civilisation industrielle, s’affilièrent à cette école de philosophie économique qu'était le Saint- Simonisme des années 25; ils prirent rang dans — hiérarchie saint-simonienne. | 5

Toutefois Emile Pereire entrevit promptement toute la vanité du dogmatisme religieux où la chapelle s’orienta bientôt et secoua assez vite le joug : dès le mois de novembre 1831, il renonça à la hiérarchie, et, au mois de février 1832, il se sépara comtement du collège de la rue Monsigny.

Plus jeune de six ans, son frère Isaac paraît s'être laissé séduire davantage par les idées mystiques de cette ardente jeunesse, et ses articles, comme le notable document publié sous le titre de Leçons pro-fessées à l’Athénée, sont tout imprégnés du jegain. saint-simonien. Outre sa contribution doctrinale au Globe, il y apporta aussi ses services d’administra-teur, y accepta les fonctions de chef de la correspondance, se mêla résolument aux opérations financières

de la communauté et fut même le fondé de pouvoir:

général d’Enfanlin. Mais son bon sens l’écarta des

exaltations et de” erreurs : il n'accompagna pas-

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ceux avec qui il avait collaboré, dans la retraite de

Ménilmontant, à la suite de la cessation du Globe

(20 avril 1832). Une note insérée dans le dernier

numéro du journal apprend qu’il restait à la rue

Monsigny pour la liquidation des intérêts sociaux.

Ayant condamné les folies obscures et les imprudences stérilesde l’Ecole,les frères Pereireenretinrent seulement ce qu’elle pouvait avoir élaboré de pratique dans l’ordre économique et social et ne ces- -sèrent d’être les agents les plus actifs et les plus utiles de la doctrine adaptée en vue des réalisations.

C’est d’ailleurs dans le cercle saint-simonien qu'ils rencontrèrent une pléiade d’ingénieurs d’une incon- . testable valeur et destinés à devenir leurs plus précieux collaborateurs dans ce grand œuvre des chemins de fer dont la pensée a peu à peu germé en eux et s’y est développée au point d’absorber toute leur vie d’études et de labeur.

Après 1830 et jusqu’en 1836, ayant clos leur période de Saint-Simonisme militant, ils s’efforcèrent de vulgariser les plans applicables inspirés par la doctrine; ils le firent par des leçons doctrinales publiques (leçons d'Isaac Pereire) ou bien par la collaboration dans la presse (l'Organisateur, le Globe, le National, le Journal du Commerce.)

À partir de 1837 commença proprement la phase des constructions pratiques : de 1835 à 1846, ils appliquèrent leurs conceptions à l'établissement et à l'administration des premières lignes de chemins de fer en France, celles de Saint-Germain, de Versailles

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rive droité et‘du Nord français; de 1846 à 1859; ils se consäcrèrènt à améliorer le réseau, d’abord par …

l'établissement d’une comptabilité, puis par leurs expériences du chémin de fer atmosphérique, enfin en obtenant du A LE la fixation de tarifs

! nouveaux. :

C’est en 1852 qu'ils fondérent le Crédit bis,

c’est-à-dire qu’ils réalisérent la seconde vue féconde

dégagée par eux de la théorie: saint-simonienne ; c'est dans le même témps qu’ils présentèrent un plan très intéressant de Crédit mutuel qui eût été pour la petite industrie ce que le Crédit mobilier

devait être pour la grande ; c’est aussi environ les

mêmes années que, grâce à eux, cette conception du Crédit industriel, après avoir exercé en France même une influence: indirecte sur certaines institutions,

Ds

inspira à l'étranger des créations bancaires dont

toutes n'ont pas survécu, mais qui du moins ont puissamment contribué dans un Etat voisin, en Allemagne, à la constitution d’une technique neuve et suivie par des établissements de plus en plus nom-

breux,au point que ce pays leur est pour une bonne.

part redevable de son indéniable prospérité matérielle.

1852-1867, telle est l’é époque débordante ét enfié- vrée d'activité industrielle qui a vu l'épanouissement des œuvres saini-simoniennes dans l’ordre du crédit qui nous occupe : ces deux dates limiteront donc

assez exactement l’histoire du Saint-Simonisme pra-

- tique qu’on entreprend au point de vue bancaire ; on à À

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