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la suivra en l’envisageant sous les trois. aspects qui viennent d'être indiqués (Crédit: mobilier, Crédit “mutuel, Influence indirecte du Saint-Simonisme en France et à l'étranger), dans trois chapitres successifs, mais d’inégale importance.
Avant d'entrer dans les détails de cette étude, il est bon de se représenter avec quelque netteté le caractère des deux hommes dont les personnalités, pour ainsi dire géminées, s'élèvent au-dessus de toute cette histoire. Dans cette collaboration si heureuse, dans cette intimité si féconde et cette œuvre si homogêne, il esi assez malaiséde dire quelle a été-la part de chacun des deux frères. Il semble cependant possible de hasarder que le don plus particulièrement créateur était dévolu à Emile Pereire : il avait l’imagination alerte et fertile, mais cela eût pu aller jusqu’à l’intempérance.
Isaac Pereire n’était pas en reste avec son collabo- rateur : c'était lui qui apportait aux projets inces- - sants de son frère sa critique mesurée, la modération plus froide de son tact, son sens sagace de l'équilibre comptable, Enfin ce était Emile Pereire qui allait exposer avec succès dans lés milieux officiels “leurs idées devenues communes. En somme, ils se complétaient l’un l’autre, s’achevaient et se fortifiaient : c'était l'adaptation privilégiée dé deux esprits
différents et supérieurs.
C’est dans les temps de crise [comme ceux qu'on - traverse en ce moment que les nations sentent le
plus vivement le besoin de pareils organisateurs à esprit large et au rôle vraiment social.
Est-ce parce que la crise actuelle a des proportions extraordinaires ou parce que nos mœurs publiques tendent à un nivellement général, qu'on a jusqu'ici espéré en vain, comme dit M. Georges Manchez,« de . voir émerger dans le monde financier une autorité française, imposant par son expérience et son activité des conceptions propres à dénouer la situation économique critique » (1).
Puisque le hasard n’a pas voulu qu'il exislàt chez nous de ces grands chefs en finance et en industrie vers lesquels on se tourne avec confiance dans les temps difficiles, il serait du moins possible de rajeunir et de réadapter les créations de ceux dont.les initiatives, en des circonstances analogu'es, contribuèrent au relèvement de la production; on peut appliquer aux frères Pereire la phrase que l’un d’eux prononça à la mort d’Arago : « Les grands hommes ne meurent pas,leurs pensées répandues dans le monde vivent au sein des générations nouvelles et leur conquièrent cette immortalité dans la mort qui est l’espérance des hommes sages. »