‹ Le crédit comme stimulant et régulateur de l'industrie: La conception Saint-Simonienne, ses réalisations; son application au problème bancaire d'après-guerreChapitre 58 sur 97 · SARNIA · texte numérisé non relu

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tout système bancaire.

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Or que fait apparaître le diagramme précédent ?

Pendant les exercices 1853 et 1854 la liquidité est parfaite, encore qu’elle aille diminuant.

Mais, à partir de 1855, la représentation graphique fait sauter aux yeux que le Crédit. mobilier s’est départi de la règle prudente observée jusque-là. Avec un capital et des réserves de 61 millions 1/2, il a fait 101 millions de placements fixes ; il est done en découvert vis-à-vis ses comptes courants : en effet, il n’a pas appliqué ses 103 millions de dépôts qu’à des placements à échéance déterminée, puisque ceux-ci s'élèvent seulement à go millions.

Quelle politique pouvait rétablir cette situation périlleuse de

On pouvait d’abord songer à augmenter le passif non exigible, ou bien par une émission d’obligations à long terme, — et l’on a vu pourquoi ce

moyen manqua, — ou bien par une accumulation de

réserves, — mais ce ne pouvait être que des ressources infimes —, ou bien par une augmentation du capital, — et c’est à quoi les Pereire se résolurent vers la fin malgré les graves inconvénients que cela présentait et sur lesquels on reviendra.

On pouvait en second lieu chercher à réduire les placementsfixes, c’est-à-direles lancements d’affaires, ce qui devait, par voie de conséquence presque nécessaire, restreindre les comptes courants mis à la disposition des entreprises commanditées ; et c’est

c ce que fit le Crédit mobilier. jusqu'en 1850. Mais c'était proprement s autolimiter, renoncer de soi:

même à répandre tout le crédit sollicité, se priver des profits qu'il en eût pu tirer, ce qui était un manque à gagner douloureux pour une société financière privée, et en même temps ne remplir qu’à demi la grande mission qu'il s'était assignée, ce qui était une démission regrettable de la part d’une institution revêtue d’un caractère public d'utilité sociale. - Malgré ces objections, le Crédit mobilier fit descendre ses immobilisations à 77 millions et ses dépôts à 63. C'était encore insuffisant, le capital et les réserves restant figés à 62 millions ; l'excédent de l'actif fixe sur le passif non exigible nécessitait encore un appel complémentaire aux comptes courants, le total de ceux-ci ne pouvait donc être placé à court terme :; d’où restriction des reports et des achats de bons : d'où encore limitation des intérêts perçus et des bénéfices possibles.

Malgré des relâchements, en 1860 et 1862, le Conseil d'administration poursuivit cette politique assez paradoxale qui restreignait la prospérité de son établissement pour en accroître la solidité, Enfin, vers 1864, l'équilibre fut restauré (1), mais c'était retrouver la santé dans une mutilation volontaire.

Aussi, à partir de 1865, le Crédit mobilier changea- -t-il de tactique ; il prépara le doublement de son - capital, usa du premier moyen qui a été indiqué, et, en 1866, malgré des immobilisations doublées et le versement non intégral des actions nouvelles, la liquidité cherchée semblait assurée.

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