‹ Le crédit comme stimulant et régulateur de l'industrie: La conception Saint-Simonienne, ses réalisations; son application au problème bancaire d'après-guerreChapitre 62 sur 97 · AT EX · texte numérisé non relu

AT EX

-de ceux qui voulaient semer pour faire lever Îles richesses nouvelles ; au second, l’on ne pouvait dénier des qualités techniques solides, mais, étranger au mouvement philosophique qui avait occupé les ésprils de 1825 à 1840, ne considérant les affaires qu’en vue des profits personnels et indifférent à l’intérét social, il fit à'la société une guerre sournoise et jalouse (1). Au-dessous d’eux s’agitait tout un monde de conseillers officieux, seulement préoccupés de leurs petits intérêts et y travaillant sans cesse, non pas en contrecarrant en face les réformes proposées, mais en accumulant les, pronostics pessimistes et en renvoyant systématiquement toutes les innovations à des temps plus propices dont. l'heure ne’sonnait jamais. Effrayé des chances d'extension du Crédit mobilier qu’on lui représentait en voie de devenir « l'arbitre du marché de Paris », le Gouverpement, avec une âpreté chicanière et après des tergiversations sans exemple, prononça cette interdic-

“tion dont les conséquences impératives régirent

tout le foncticnnement de la société et la conduisirent à sa chute mécaniquement inévitable.

- Telle est la cause lointaine et générale de cette chute. Elle eut aussi une cause immédiate et particu- “Hière-due également à l'opposition gouvernementale. . Dans tous les bilans qui ont été présentés, on a pu constater (l'augmentation à partir. de 1860 de

1. Un. jour qu TSanc Péreire : se plaignait ‘du « lamibage scanda-

leux ».dont soninstitution était victime, Fould. lui répondit, cyni- «quement. :.« Vous. étiez: Arop, riches, il fallait vous PenRRs » Le mot nous a été rapporté par M. Gustave Percire.

l'article intitulé : «avancesaux compagnies commanditées-». On a rangé ce. poste dans la catégorie de l actif immédiatement réalisable : en effet, cesont, en principe, des avances faites à court terme ; mais, en réalité, la rapidité de leur recouvrement dépend de

l'usage qui en est fait par la société vassale, et, alors. même que celle-ci a pris l° engagement un peu théo-.

rique de rembourser au premier appel l'avance consentie,. encore faut-il que pratiquement elle puisse la dégager de l'emploi où elle l’a utilisée. Ainsi, derrière ces avances apparemment à brève échéance peuvent se dissimuler des placements à long terme effectués non pas sans doute par la banque créditrice, mais - par l’entreprise qu’elle patronne. C’est précisément ce qui se produisit dans les relations du Crédit mobilier et de la Société immobilière dans les dérnières années de son existence. Depuis 1860 on constate en:effet une augmention progressive des avances qui passaient de 12 millions à 73 en 1866 ; la plus grande part était accordée à la Société immobilière pour la raison suivante : La\ Compagnie du Midi avait obtenu du gouvernement la promesse de concession du chemin de fer de Cette à Marseille par le littoral. Lors de la création du réseau français, on avait Loujours considéré Marseille comme la future tête de ligne des relations de l "Europe occidentale et plus spécialement de l’Angletèrre avec l'Orient (1): Mais, pour en faire. la pre-

LT Le aisés idées Jonguement Hope dans. 2 Globe (183:- 1832) ét surtout un le es de la Méditer ranée de Michel -fhevalier….. si 0! . LE A MONO AUS 50

RER Lee) Re # Le HORNRETES 3 PES er SRIY V7 + “aa

mière place commerciale et industrielle de la Méditerranée, il fallait la pourvoir de moyens de transport qui la missent en communication facile avec la région du Sud-Ouest et l’Atlantique. De là la nêcessité d’exécuter par le littoral, c'est-à-dire par la voie la plus courte, le raccordement de Cette à Marseille en prolongement du chemin de fer du Midi. Tel avait été le plan bien arrêté.

L'importance future de la grande cité, les travaux indispensables à l’aboutissement des lignes nouvelles en pleine ville, amenèrent laCompagnie immobilière à y effectuer de nombreux achats de terrains pour profiter de la - plus-value escomptée. Elle demanda au Crédit mobilier les fonds nécessaires 5 sous forme d’avances. Elles pouvaient être stipuléesà court terme : ce n’en était pas moins, en fait, une irmmobilisation indirecte, médiate, :

- Elle eût pu cependant n'être point de trop longue durée si la concession avait été rapidement accordée et si les ventes avantageuses des terrains étaient devenues possibles ; mais des rivalités se syndiquè- rent en une coalition puissante menée par la Compa- : gnie du P..L.-M., c’est-à-dire par. les anciens Saint- Simoniens Talabot : elle obtint du Gouvernement qu’ il revint sur sa promesse formelle.

L'intérêt national en fut lésé, car le retrait de la concession permit plus tard la concurrence victorieuse de Brindisi et le développement des services de la Peninsular parle canal de S uez « que l’on avait

s cru ne devoir être que l'avenue de Marseille," le

= IQ —

pertuis ouvert de la France sur les mers des Indes. » (1). -

C’est sous le fardeau de ces fausses avances, de ces immobilisations de fait, que le Crédit mobilier chancela : le Gouvernement, par son refus, lui faisait perdre l'équilibre instable où il l'avait constamment maintenu.

La société, dès 1866, entreprit des négociations pour s’en libérer. Frémy, le directeur du Crédit foncier, « la laissa osciller entre la crainte et l'espoir » (2) pendant quatre mois. Elle proposa de transformer 95 millions de ses} comptes courants créditeurs en un emprunt ferme à trois ans : Le plan échoua.

La perte de la moitié de son capital l’acculait, d’après ses statuts, à la liquidation (3). Onne pouvait

songer à l’éviter en sollicitant l’assistance des autres grandes banques par actions : il fallait se tourner vers la Banque de France (4). Au commencement

Page 1