‹ Le crédit comme stimulant et régulateur de l'industrie: La conception Saint-Simonienne, ses réalisations; son application au problème bancaire d'après-guerreChapitre 73 sur 97 · Hansen, Gustav von Mevissen, p · texte numérisé non relu

Hansen, Gustav von Mevissen, p

2. Le rapport de 1853 à l'Assemblée générale du Crédit mobilier ne fait pas allusion à cette importante opération.

de ce même Crédit mobilier, et Mevissen en fut pendant de longues années le président.

Ainsi les circonstances de sa fondation mettent bien en lumière la « soudure » saint-simonienne entre l'institution française et la création allemande. L'in-

-fluence de l'Ecole ne resta pas superficielle: elle s’exerça sur le fond même de la Banque de Darmstadt, c’est-à-dire à la fois sur son programme et sur ses statuts. |

Voici son programme (1):

« Elle n'a en aucune façon pour rôle d'apporter une aide à l’agiotage et de pousser le capital vers d’improductifs jeux de Bourse. Elle est au contraire appelée, étant données les lumières qu’elle possèdera sur la situation de l’industrie allemande, à concourir par sa propre participation et par le placement de fonds étrangers à la direction de l'esprit d'entreprise el du capital dans les voies convenables, répondant aux besoins du moment (2). Elle doit s’entremettre dans les mille relations de l’industrie avec le marchè

de l'argent (Geldmarkt). Elle a le droit et le devoir de faire passer le capital des mains de l’industriel qui peut en disposer un certain temps dans celles d’un autre industriel qui en a bescin au même moment, et, É Rapport pour 1853.

a, «Sie ist berufen durch eigene Beteiligung und durch Anlage fremder Fonds dazu mitzuwirken, dass Unternehmungsgeist und

Kapital in die richtigen, dem Bedürfnisse des Augenblicks entseprechenden Bahnen geleitet werden.» à

par ces échanges incessants, de stimuleret de porter plus haut l’activité industrielle » (1).

Pour remplir ce programme saint-simonien, la Banque de Darmstadt devait se livrer aux mêmes opérations qui formaient le champ d’activité du Cré- : dit mobilier : comme lui elle était autorisée à « soumissionner », acquérir, vendre, échangèr ouengager tous papiers d’Etals ou de villes, actions ou obligations de Sociétés anonymes, surtout d’entreprises industrielles ou de crédit (2); à prendre en charge en tout ou partie, à céder et réaliser tous emprunts ou entreprises publiques, et à mettre en circulation jusqu'à concurrence de sa prise en charge ou de sa participation des billets (Schuldscheine) nominatifs ou au porteur (3); à faire des avances sur papiers d'Etats. ou de villes, actions, obligations, lettres de change et autres effets solides, ainsi que sur marchandises

1. UC Sie hat das Recht und die Aufgabe, das Kapital, welches bei dem einen Industriellen zeitwillig disponibel, dem andern, . welcher dasselbe im gleichen Augenblick bedarf, zuzuführen und durch diesen steten Austausch die industrielle Tâätigkeit Zu beleben und, zu steigern.»- ù

2. Cf. Statuts du Crédit mobilier, article 5 : «1° Souscrire ou acquérir des effets publics, des actions ou des obligations dans les différentes entreprises industrielles ou de crédit, constituées en sociétés anonymes, et notamment dans celles de chemins de fer, de canaux<t de mines, et d'autres travaux publics, déjà fondées ou à fonder ; 3° Vendre ou donner ennantissement d’emprunts,-tous effets, actions et pie acquis, et les échanger contre d’autres valeurs. »

3. Ibid.: «4° : Soumissionner tous dpéebie. les céder ou réaliser ainsi que toutes entreprises de travaux publics ; 2° Emettre. pour une somme égale à celle employée à ces souseriptions et. acquisitions, ses propres obligations. »

non périssables (1); à recevoir en dépôt des fonds, à en payer l'intérêt et en échange: à ouvrir des

comptes om à émettre des billets portant intérêt (Zinstragende Schuldscheine) nominatifs ou au por-

teur (2); à recouvrer des fonds pour le compte des

tiers (3) ; à négocier et à exécuter la fusion où consolidation.( Vereinigung oder Konsolidierung) de diffé. rentes sociétés anonymes, ainsi que la transformation d’entreprises industrielles en sociétés anoüymes (4)... | |

On ne saurait, semble-t-il, trouver entre deux institutions envisagées dans leur but et dans leur action, analogie plus frappante, identité plus certaine (5). De fait, les Ailemands animés du nationalisme le plus intransigeant ont eux-mêmes renoncé à nier l'influence générale du Saint-Simonisme français (6);

1.1bidh : « 5° Prêter sur effets publics, sur dépôts d'actions et : obligations, et ouvrir des crédits en compte courant sur dépôts de ces diverses valeurs. » :

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