Knips, loc. cit., p. 33. ” Se
expérience assez dure, à connaitre ‘l’incompatibilité de leur activité industrielle et de leur responsabilité de déposilaires : elles renoncèrent à la féconde mission assumée au début, pour adopler Pattitude ‘que l’on sait, plus passive, mais plus prudente,
‘ puisque seule > avec leurs moyens et leur
forme.
À l'inverse, les banques allemandes ne cherchèrent pas à sortir de la contradiction où les avait placées limitation trop servile du premier Crédit mobilier allemand, et, plus'audacieuses sans être plus libres, elles restèrent fidèles à l'idéal sans abandonner la
- formule. Car c’est bien cet idéal saint-simonien
qu ‘elles poursuivirent en recourant à la fois à une
-conceniration des capitaux et à une décentralisation
-de leur exploitation, en entretenant avec l’industrie
FA relations directes et constantes, en exerçant sur
tout l'appareil économique une hégémonie coordi-
patrice des efforts individuels, en dirigeant l’action
convergente du capital et des initialives disponibles dans l'Empire vers les branches les plus essentielles de la production intérieure ou sur les points du globe dont la mise en valeur apparut la plus fructueuse (1). | < C’est, en ce domaine comme en beaucoup d’autres, une conception française, diffuse et oubliée, qui anime l’organisation ailemande : le système bancaire
1. La Banque de Darmstadt, le Schaaffhausesche Bankverein et la Berliner Handels Gesellschaft sont aujourd’hui au nombre des six plus grandes banques allemandes.
germanique, dont on a dû reconnaître sinon la
prudence, du moins les heureux effets sur le progrès
de l’économie nationale, n’a fait que réaliser la fonction impulsive et centralisatrice du crédit sou- baitée il ya un siècle par le Saint-Simonisine théo-
rique et à peu près selon la technique élucidée voici
un demi-siècle par le Saint-Simonisme pratique.
Sic vos non vobis….
Ç 3. — Autriche =
Dans son rapport du 30 avril 1855, Isaac Pereire avait décrit les conséquences importantes qu’aurait la création, dans les principaux Etats d'Europe, d'institutions analogues au Crédit. mobilier : on fonderait ainsi le Crédit international, « par l’émission de titres dont les intérêts seraient servis sur les
= diverses places d’après des rapports fixes établis entre les différentes monnaies selon leur valeur intrinsèque, par la réunion dans de grands centres de capitaux disponibles dispersés et peut-être enfouis däns diverses contrées de l’Europe, par leur application directe aux emplois les plus utiles et par | conséquent les plus fructueux, par l’abaissement et la régularisation sur tous les marchés du taux de l'intérêt, par l'établissement d’un papier de crédit et de circulation européen, plus tard par l'unité de crédit et de monnaie».
Parmi les Etats qui sentirent le besoin d’organiser de telles institutions, figura en première ligne l'Au-
triche: le désir général devait se réaliser en 1855 ; mais les Pereire ne réussirent pas à mener eux-mêmes à bien la fondation. La maison Rothschild autrefois toute-puissante estima que les créations de Paris et de Darmstadt menaçaient déjà trop son ancien monopole de fait et résolut, selon le mot de Steiner, « d’arracher à Vienne ses armes à son adversaire » (1). Elle exerça une pression simultanée sur le gouvernement autrichien et sur le gouvernement français avec qui, déjà, les Pereire avaient amorcé des pourparlers : du premier, elle obtint que toutes affaires étrangères à l'Autriche fussent interdites au futur Crédit mobi-
lier ; le second, à cette instigation, les menaça de ne
pas leur en laisser coter les titres à la Bourse de
“Paris au cas où ils feraient l’affaire (2). Le Crédit
mobilier français dut se retirer et les Rothschild en reprirent à leur compte la conception telle quelle. Le Crédit mobilier autrichien fut fondé sous le nom de À. Æ. pris. Kreditanstalt für Handel und Gewerbe, au capital énorme de 100 millions de
- florins, divisé en 500.000 actions de 200 fl.: la
souscription commença le 10 septembre 1855.
La lecture des statuts fait apparaître d’incontestables emprunts à l'institution saint-simonienne.
«$ 4. — La Société estautorisée à exécuter les opérations suivantes : a) à accorder moyennant intérêt
des avances sur effets publics autrichiens, sur actions