Steiner, loc. cit., p
2, C’est ce qu'aftirme le Us des Chemins de fer, générale- ” ment bien informé.
Vergeot 1 | 15
et obligations... ; b) à se charger d'emprunts de l'Etat autrichien, d'opérations de crédit de cantons ou de: communes, où à y participer, ou à les céder à des tiers ;c) à fonder, en observant les prescriptions légales, des entreprises de toutes sortes, industrielles ou bien utiles au public, pourvu que ce soit à l’intérieur de la monarchie autrichienne ; dans ce but à. effectuer la transformation en sociétés par actions | des sociétés déjà existantes, et à émettre des actions et des obligations pour toutes ces entreprises.
.&$ 5. — La Kreditanstalt est autorisée à émettre ses propres obligations à inté HP reneAEe Schuldverschreibungen). » =
.Le montant total des obligations émises doit être toujours intégralement couvert par la valeur des effets | publics et privés se trouvant dans les caisses de] la Société et lui appartenant en propre. Les obligations de la Kreditanstalt ne doivent pas être émises à. moins d’un an d'échéance GR = ;
: Le Grédit autrichien, conformément à Gé plan, contribua puissamment au perfectionnementindustrielde ce pays en y suscitant une technique bancaire nouvelle et en y inspirant de son exemple des établis- : sements toujours plus nombreux, appelés Mobilbanken et. adonnés à la branche d’affaires dont il fut le «« pionnier ». La fameuse crise de 183 elle-même ne fit que suspendre un moment son action.
Dans ces dernières années, certaines banques de
x. H semble bien qu’il ne fat ide Procédé à aucune émission de ces obligations si nettement saint-simoniennes de nature.
re Bohême ont entrepris de remplir la même fonction, mais en faisant revivre la clause relative à l'émission d'obligations qui semblait rester lettre morte pour la Kreditanstall (1).
Ainsi la Zivnostenska Banka (banque industrielle de Prague) consent, après expertise, des prêts hypothécaires à l’industrie et émet des obligations 4 1/2 dont il circulait, à la fin de 1911, pour 56 millions de couronnes. La Ceska prumystova Banka (banque industrielle de Bohème) consent de même des crédits industriels à à long terme ct émet, en contre-partie, . des Cbbeations cédulaires, dont le montant total en
circulation ne saurait être supérieur à quinze fois le capital-actions et était, fin 1911, d’un peu plus de 22 millions de couronnes.
- Ainsi, par son action indirecte, le-Saint-Simonisme: contribua au réel développement de la richesse maté- ‘rielle en Autriche : ; cet Etat, avec son Empereur ami dela prospérité dans l’ordre, avait d’ailleurs toujours été son idéal de gouvernement paternel (2). Le mot de Masqueray est bien vrai :. «Il vit d’une vie profonde dans les âmes mêmes de ceux qui feignent de … l'ignorer et qui profitent de ses travaux (3) ».
. | RCE S Var Rapport Landry sur le projet de loi organisant le crédit à l’industrie, dont il sera longuement question dans la conclusion: de cette étude (Doc. parl. 1913. Annexe n° 2590, p. 287). - 2, Cf. Enfantin, Œuvres, t.-X, p. 108. — D'’Eichthal, les Deux- Mondes, je partie, ch. IV. — Michel Chevalier, Essais de politique industrielle, 1843.
3. Article sur le Colonisateur saint-simonien on Duveyrier {Journal des Débats, 26 septembre 1891).
$ 4. — Espagne
A peine remise des agitations révolutionnaires, l'Espagne voulut mettre en valeur ses richesses minérales en unissant ses provinces isolées par un bon système de voies de communication et par le lien non moins fort d’une solide organisation de crédit. Le Crédit mobilier français collabora, on l’a vu, à sa politique de travaux publics et de chemins de fer ; il entreprit aussi de la doter de l'institution bancaire nécessaire à la restauration de ses finances-comme à l’activité de son industrie (1).
En 1855 donc fut fondée la Société de Crédit mobilier espagnol, au capital de 228 millions de. léaux, soit 60 millions de francs, divisé en 120.000 actions. Les administrateurs fondateurs. furent :- Emile, Isaac et Eugène Pereire, le duc Decazes, l'ancien minisire Eugène Duclerc, Alexandre Bixio, Soubie, Edouard Délessert, le baron Heeckeren, Casimir Salvador, ancien inspecteur des finances et secrétaire général du Crédit mobilier français, le due de Rivas, Osma, Buenaventura Vivo, Ignacio de Olea et Mendès-Vigo.
Elle fit approuver ses statuts, seule ee dont la loi espagnole limitait l’absolue liberté des sociétés anonymes de crédit (2), puis commença aussilôt ses
: Rapport d’Isaac Pereire au Crédit mobilier (23 avril 1856). 2. Cette liberté fit qu'au même moment il y eut deux autres créations du même genre : Ja Société mercantile et Rte
opérations avant même la complète réalisation de son capital (1). Avec ces ressources limitées elle s’ap-
. pliqua à soutenir Pindustrie espagnole. Elle s’engagea
d’abord fortement dans les affaires de chemins de fer en devenant concessionnaire de deux lignes dont on a déjà parlé et dont elle eut l'initiative, le Nord d’Es-
pagne (2}qui devait s'étendre de Madrid à la frontière
française et se rattacher par un embranchement au port de Santander, ie Cordoue-Séville formant section de la grande ligne de Madrid aux jetées de Cadix. Elle acquit ensuite le privilège de l'éclairage de Madrid’ par le gaz et fonda la Société madrilène d'éclairage et de chauffage (1865) quiexiste encore (3). Elle montra la même activité dans l’entreprise
fondée par les Rothschild et liquidée en 1862 après la construction du Madrid-Saragosse dont elle avait l’entreprise, et la Société générale de Crédit en Espagne, fondée par les fils de Guilhou jeune et M. Prost et mise en faillite en 1864.
1. En 1858, elle n’en avait encore appelé que 18 millions ét avait accumulé des bénéfices s’élevant à 40 o/o de son capital ; en 1859, il n'avait été versé que 200 francs par action de 500, dont 25 provenant de la distribution extraordinaire des bénéfices mis en réserve ; du 18 au 31 octobre 1861, il fut fait un appel de 150 francs par action.
2. Compagnie fondée le 18 décembre 1858, sur apport des concessions par le Crédit mobilier espagnol, au capital de 100 millions de francs en 200.000 actions ; les administrateurs étaient : J.-L. de Abaroa, A. Bixio, Gonzalez Bravo, de Brouckère, Bravet, G.-M. Calderon, Ed. Delessert, Duclerc, duc de Galliera, F. de Lasala, J. de Leymery, E. Léon, Malon, de Oléa, de Osma, William O’Shea, duc de San Lucar, Emile et Isaac Pereire, Camille Salvador, baron Seillière, L. Semprun et J. Stern.
Les chemins de fer espagnols furent construits, per.un, ingénieur saint-simonién, Tourneux.
3. Le Crédit mobilier espagnol garantissait aux actions: delà Cie madrilène un intérêt de 8 o/o pendant 10 ans.
— 234 si
houillères de Belmez d’où devait sortir plus tard, avec la belle carrière que l’on sait, la puissante compagnie de Peñarroya ; elle encouragea l'exploitation de riches minerais de fer dans le Guipuzcoa. On la trouve encore dans l'établissement de docks à Valladolid, dans l'installation d’une sucrerie dans l’Alava.
. Le capital dont elle disposait était donc employé de la manière la plus productive. Voici, à titre
minière : elle ouvrit aux entrepreneurs français les
d'exemple, la situation au 31 décembre 1861 : Les capitaux Door s'élevaient à.. 11 millions de fr. Savoir :
Pour l'exploitation du gaz: 7 Pour les bassins houillers : 3 ; Pour des achats de terrains: 1. ee Son portefeuille (fonds publics espagnols, actions de chemins de fer espagnols, des chemins du Midi de France, du gaz et de la Société immobilière de Paris.)
SÉDOTA Ae e RE a UE 21 — Avances aux provinces sur valeurs et en
«comptes courants... 13 — Portefeuille, argent en caisse. .......... L —
Ensemble 46. — Là fonds versés sur les actions étaient
Les comptes créanciers s'élevaient à.... / 3 te Ensomblé “fo Es Il 1 y a avait un SR deet ou bénéfice Ds 0 —
Le Crédit. mobilier espagnol fonctionne encore aujourd’ hui sous le nom me Banque rene ns crédit. © ee
On ne peut nier que, grâce à a Gt les efforts unis
de nos capitaux et de nos constructeurs éveillèrent
l’activité industrielle dans cette Espagne engourdie dont on a pu dire qu’elle devint l'Empire des Pereire (r) ; dirigée par lui, la force du crédit dégagea du sein de cette race vieillie un peuple économiquement jeune: elle montra qu’elle pouvait être, selon la vision saint-simonienne, l’accoucheuse d’une société en travail.
© $ 5. — Jialie
Comme l'Autriche et comme l'Espagne, l'Italie, il y a cinquante ans, élait empêchée par le manque de capitaux et de compétences d'utiliser ses ressources naturelles. :
La France, au contraire, de mise en valeur relati-
vement avancée, de population stationnaire, éco-
nome ei affinée par une civilisation déjà ancienne, pouvait répandre largement au dehors ses disponibilités dont sa propre production n’absorbait qu’une assez faible part, et se faire exportatrice d'initiatives par ses techniciens de choix.
De inême que dans une nation l'intérêt général demande que le crédit jette une passerelle sur l’abîme creusé entre les individus par l’inégale répartition des richesses, de même l'intérêt de l'humanité tout
. 1. Conférence de Henri de Peyerimhoff, Entreprises et capitaux
français à l'étranger, dans le recueil Intérêts en et
rapports internationaux, p Sais me er RACE |
entière impose à ce crédit la fonction essentielle de provoquer entre les nations inégalement douées des courants incessants de circulation capitaliste et d’éveiller à la vie, sur tous les points du globe, les germes latents d'activité industrielle (1) : c’est cette juste pensée saint-simonienne qui incita les Pereire à fonder un Crédit mobilier italien qui s’appliqua à faciliter, par l’aide de la France, le risorgimento économique (2).
Ils le créèrent en 1863 par la transformation de la Caisse du commerce et de l’industrie, florissante depuis de longues années déjà à Turin. Sôn capital nominal était de 50 miilions de lires, divisé en 100.000 actions ; le capital versé n'était que de 28 millions : des appels successifs portèrent tes sommes effectives à 40 millions en 1891. Mais le capital souscrit fut alors élevé à 55 millions sur lesquels, en 1892, 59 seulement étaient versés.
Les statuts montrent nettement entre le Crédit mobilier italien et le français une identité d'objet.
- La Société devait : «.. 3° Acheter el vendre, au
comptant ou à terme, des actions et obligations de tout genre d’entreprises industrielles ou commerciales ; 4° Créer toutes sortes d'entreprises, de voies ferrées, de routes, de canaux, de mines, de docks, d'éclairage, de défrichement, de fertilisation, d'irri-
gation, de desséchement, et toutes autres entreprises
" 5£, Cf. Rapport d’'Isaac Pereire au Crédit mobilier (23 avril 1856).
2. Dès 1862, ils prirent l'initiative d'un.Grédit foncier.en -Ltalie comme ils le firent aussi en Autriche. |
industrielles et d'utilité publique ; 5° Se charger de la fusion et de la transformation des sociétés et de l’émission de leurs actions et obligations ; 7° Emettre, avec l'autorisation spéciale du gouvernement, ses propres obligations pour une somme égale à’ celle employée et représentée par les valeurs en portefeuille pour des opérations de la nature de celles énumérées aux paragraphes précédents. »
Le total des titres en portefeuille était en 1863 de 6 millions, de 13 en 1880, de 5 en 1885, de 21 en 1887, de 7 en 1890, et de 18 en 1892.
Voici, entre autres, quelques entreprises à qui le Crédit mobilier donna son concours : le chemin de fer du Gothard, la Société du gaz de Turin et de Bergame, la Société des hiens domaniaux, la manufac-
ture de Cuorgnè, la Société métallurgique de Terni,
l'Immobiliare, le Réseau de l’Adriatique et plusieurs lignes secondaires méridionales, liguriennes etlivour- naises.…
I était en outre autorisé par ses statuts à : « … 11° Recevoir des dépôts ; 12 Escompte des dires de change à deux signatures et à six mois d'échéance au plus. »
- Malgré ces dispositions réglementaires, l’adminis- - tration du Crédit mobilier se montra peu disposée à en faire une banque de dépôt ni d’escompte (1), et cetie politique prudente lui permit de traverser sans
. Pierre des Essars, A history of banking" in all the leading £ __. Ve: vol, p.:208.;.c< It was originally.néither-deposit nor discount Bank. ÿ
accident la crise de 1866 pendant laquelle il eut à rembourser 16 millions de lires sur les 23 millions de dépôts.
Puis la direction changea et chercha à attirer les dépôts, non par l'effet d’une mauvaise gestion, mais parce qu’elle était convaincue de la nécessité de transformer le Crédit en une institution ordinaire. Malheureusement la banque fut mal inspirée dans l’emploi de ses dépôts à vue, et bientôt, au début de 1892, elle se trouva en périlleuse situation. Elle avait, pour en sorlir, à choisir entre deux moyens : ou bien la liquidation, ou bien là poursuite de ses opérations avec ses dépôts et les ressources qu’elle pourrait rassembler grâce à son grand crédit, jusqu’à ce qu’elle pût réparer intégra=lement son capital écorné notamment par les pertes subies dans l’affaire des améliorations sanitaires de. Naples. Elle adopta cetie dernière solution, bien que ce fût la plus hasardeuse des deux alternatives. Elle augmenta donc son capital de 25 millions de lires, multiplia les appels aux déposants et se fit adjuger la « collection des taxes publiques » dans un grand nombre de localités. \ La prise en ferme de la levée des impôts était pour une banque une opération risquée, car elle emportait hypothèque au profit du Trésor sur tous les biens du collecteur et comportait l’avance des taxes au gouvernement. Cette dernière condition obligeait l'établissement dé laisser inutilisée. une partie de ses ressources, c’est-à- -dire des sommes poRtaes Sur: le
contribuable, de façon que celles-ci fussent dispo-
nibles à première réquisition du Trésor. Le Crédit
mobilier n’aperçut pas tous ces dangers et ne vit dans la création de ce service de recouvrement que le moyen de s'assurer une clientèle de déposants dont il avait besoin. Mais le succès fut de courte durée. Le scandale des banques d'émission éclata, une panique générale s’ensuivit, et ce fut un run du publie sur toutes les banques privées. Après trois mois de résistance aux demandes pressantes de remboursement, le Crédit cessa ses paiements le 29 novembre 1893. Dans ces immenses retraits, Pantaleoni voit la cause « prossima e casuale » de sa chute (1). Quant aux causes &remôte », ce sont, selon lui, la répercussion très grave que la politique d’hostilité envers la France eut sur le marché des valeurs, la guerre que d’autres institutions de premier ordre firent au « mobiliare » dans lequel elles
voyaient un rival dangereux, la dépression générale
du crédit dans son pays par le dénouement fatal de beaucoup d’entreprises auxquelles le Mobilier même était lié, et la direction dangereuse imprimée dans sa dernière période aux affaires de l'institut, Il recon-
naît que le danger eût été bien moindre avec une
émission d'obligations «€ qui équivaudrait à des
dépôts non retirables à vue ». Le Mobilier italien est done, lui aussi, tombé parce qu’il a méconnu le
ae nécessaire de division du travail et qu'il a
ét LA
+ land Pa mit della societe generale à credito mobi
diare italiano, p. 268. ë db deses ES NE EST
— 940 en
marché contre l’inévitable processus de différenciation des activités.
$ 6. — Hollande
En 1863, le Crédit mobilier fonda à Amsterdam,au capital de 10 millions de florins, la Société de com- -merce et d'industrie néerlandaise (1). Celle-ci commença de fonctionnner au mois de mai, et put pour son premier exercice de sept mois donner un dividende de 30 francs, soit 11 0/0. Elle contribua à la constitution de la Banque commerciale des Indes, de la Société des chemins de fer des Indes et de la Société pour l'exploitation des chemins de fer de l'Etat néerlandais. > 5
Mais, l’année suivante, ses affaires entrèrent dans une phase que ne faisaient point prévoir ses débuts. Voici ce qu’en dit Isaac Pereire : « Des immobilisa-
tions trop considérables, qui, à d’autres moments, n'auraient produit qu’un ralentissement passager | dans les opérations sociales, ont pris tout à coup une gravité particulière, lorsque s’est révélée la situation du directeur général, abandonnant son poste sous le coup de spéculations personnelles désastreuses, et laissant un déficit important à la charge de la Société. Pour faire face à des engagements immédiats, la Société a dû se soumettre à des
1. Sur cette Société, on n’a pu trouver d’ autres renseignements que les indications données par les rapports d Isaac. Pereire (23 avril 1864 et 15 mai 1865).
== LES TS Le
réalisations qui lui ont imposé de fortes pertes. Il y a tout lieu d’espérer que l’actif qui restera liquide après l’apurement des comptes représentera une somme supérieure à celle qu’indiquerait aujourd’hui
le cours des actions. »
$ 7. — Turquie
C’est? encore le Crédit mobilier qui installa le
1e avril 1863 à Constantinople la Banque impériale
ottomane, qui fut tout de suite et ne cessa pas d’être
« l’épine dorsale de la finance publique et privée de Turquie » (1). :
$ 8. — Angleterre
- Enfin, la même année, le Crédit mobilier décida Jes capitalistes anglais à entrer dans la voie qu’il avait lui-même frayée. Le 16 mai, le Times publia en effet la’ note suivante : « L’alliance projetée de certaines maisons de Londres avec le Crédit mobilier de Paris est définitivement conclue et le prospectus est publié. L'établissement anglais prend le nom d’International financial society. Le capital est de 3 millions de livres ; 2.200.000 livres sont déjà souscrits, et il reste 800.000 livres pour la souscription publique. Les actions sont de 20 livres. Les maisons
1. Si l’on excepte les entreprises de chemins de fer, la Banque ottomane a eu un rôle industriel assez restreint.
= afa +
qui entrent dans cette combinaison sont les sui-:
vantes : MM. Heat et Cie; Stern frères; Georges
Peadoby et Cie; Frédérick-Huth et Cie; Frübling et Goschen; Dobrec et fils; Robert Benson:'et Cie.
Les établissements étrangers avec lesquels des rela-
tions ont été nouées sont : le Crédit mobilier de Paris ; le Crédit mobilier espagnol ; le Crédit mobilier ita-
«lien; la Société générale de commerce et d'industrie
d'Amsterdam ; Hottingueret Cie; Pillet-Willet Cie ; Mallet frères et Cie; Marcuard et Cie (5 él:
Stern et Cie, de Paris; ainsi que M. Uribarren et
La
d’autres. »
D'après le prospectus, le but de la Société était « de contribuer et de participer aux entreprises financières et industrielles, spécialement aux emtprunts étrangers et aux entreprises qui sont munies de garanties d'Etat. » Elle créa compagnies sur COmM-
pagnies. Les actions des unes et des autres donnèrent a Das s x À Ç x SZ à l’origine des primes plus ou moins considérables,--
qui se réduisirent peu à peu et finirent par dispa-
raître. L'institution elle-même était trop en désac-
cord avec le tempérament britannique pour s’implanter et se répandre dans ce pays (2).
\ ee
Le moment est venu où il est permis de faire en quelque sorte dans cette partie des œuvres saint-
-simoniennes le bilan, d'en établir le passif et l'actif,
1. On remarquera que certaines de ces maisons appartenaient aussi au syndicat des banquiers.
2. On n’a trouvé sur elle aucun renseignement dans les ouvrages
consacrés au régime bancaire anglais (V. notamment Jaffé, das.
englische Bankwesen). \
de déméler la part d’erreur passagère et de vérité durable. se Ce qui semble critiquable dans la conception saint-
simonienne, c’est la tendance monopolisatrice dont: la théorie introduisit le germe dans la pratique.
Quelque puissante qu’on suppose une banque commanditant l’industrie, elle ne peut pas suffire en même temps à tous les besoins et à toutes les demandes du crédit commanditaire : elle est obligée de choisir entre les productions, entre les producteurs, entire les époques. Si, en même temps, elle décourageait et annulait toutes les çoncurrences dont l'action complémentaire de la sienne’ serait nécessaire, elle imposerait aux intérêts industriels sa loi
exclusive et arbitraire, et la dispensation du crédit
serait soumise au despotisme de ses directeurs, En
effet, d’une part, la puissance de la barque devien- drait le pouvoir discrétionnaire de quelques indivi- - dus ; d'autre part, la banque qui absorberaïit le crédit
- commanditaire serait seule chargée de conférer les
instruments de travail aux diverses industries et aux divers industriels, Cette oligarchie bancaire, par conséquent, remplirait la fonction la plus délicate et la
‘ plus puissante que comporte la gestion des sociétés - modernes, celle-là même dont Bazard investissait ses
hommes généraux. De fait, tant que la foi religieuse dont le dogme saint-simonien a proclamé la néces-
sité n'aura pas fait oublier au cœur humain son
égoïsme et sa faiblesse naturels, il sera moralement
‘impossibie de substituer à la spontanéité des initia-
tives individuelles cette direction concertée, centralisée et hiérarchisée de l’activité économique.
Mais, à côté de cette conséquence extrême et de cet écueil du système, la conception renferme des idées très utiles et très justes, dont la possibilité d’ap- | plication est démontrée par tout l'exposé historique précédent.
Le Saint-Simonisme pratique a recois créé uneinstitution et indirectement exercé une influence : Par son institution, il a réalisé dans l’économie . nationale les vertus latentes du crédit, en établissant une plus intense circulation des richesses entre les individus inég'alement dotés et des capacités et des
moyens de production. |
Par son influence, il a fait utiliser ces forces dans.
l'économie internationale, grâce à l'ébranlement -quasi-universel qu’il propagea et à l’établissement de courants de capitaux par ilesquels les peuples vieux
défrichèrent selon leur devoir les terres vierges.
J1 a atteint le but et donné l'exemple d’une « poli-
tique de mouvement » qui accroît, étend et renou- .velle les forces de production du globe tout entier au profit de l'humanité tout entière.