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Or, notre système bancaire, s’il la favorisait remarquablement au point de vue de l’escompte à court terme, lui dispensait mal les avances et les commandites par lesquelles elle eût pu suppléer à l'impossibilité des larges emprunts publics.
Ce domaine du crédit industriel et régional était absolument interdit à la Banque de France par ses fonctions de banque d'émission et d’ailleurs par ses statuts.
Les sociétés de crédit ne s’y ‘aventuraient plus depuis que M. Germain, fortement impressionné par le krach de l’Union générale, les avait toutes orientées vers l’activité de tout repos des Joint Stock Banks. Travaillant surtout avec des fonds remboursables à vue ou à très courte échéance, elles ne’ pouvaientpas les prêter elles-mêmes à long terme sans s’exposer à un risque grave de faillite. D'autre part, leur excessive centralisation, la hiérarchie de leurs agences obéissant aux ordres envoyés de Paris au lieu de faire remonter vers lesiège central les renseignements et les demandes, la transformation en fonctionnaires iastables de leurs directeurs de succursales et leurs organisations quasi-adininistratives inévitables dans tous les grands anonymats, les rendaient impropres aux affaires industrielles qui exigent discernement et initialives et leur faisaient préférer les opérations plus sûres et plus faciles d'émissions 2 valeurs et surtout de fonds d'Etats étrangers.
'Restaient enfin lès banques locales. Après avoir fléchi devant la concurrence redout#blé "des 4h bis:
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sements de crédit, elles avaient réussi à se ressaisir et à résister victorieusement en se spécialisant dans les services mêmes que ces établissements ne pouvaient pas organiser avec la même ampleur.
En Lorraine, dans le Nord, dans la région lyonnaise et dans le Dauphiné, leur collaboration avec l’industrie donnait sans doute « à l'effort commun une cohésion d'une efficacité surprenante » (1) ; mais elles ne pouvaient secouvrirpardes émissions d'actions que sur une clientèle régionale, partant restreinte, et à la veille de la guerre, l’on commençait de percevoir
une certaine impuissance de cette épargne locale à
absorber tous ces titres et à alimenter tous ces pla-
cements locaux.
Si la concentration bancaire avait ainsi paralysé la grande industrie provinciale, la petite production n’était pas moins entravée par l'insuffisance des seules institutions aptes à lui dispenser le crédit, c'est-
à-dire des associations de crédit mutuel réunissant
en faisceau les emprunteurs éventuels et les groupant
au besoin par le lien d’une responsabilité solidaire.
En 1911, il n'existait en France que 20 banques populaires urbaines, affiliées à deux grandes fédé. rations qui englobaient en même temps d’autres caisses similaires agricoles : : le Centre fédératif du crédit populaire en France, à Marseille, et l'Union des caisses rurales et ouvrières françaises à responsabilité limitée, à Paris. (C)
Ter Couférenee- -de M. Lucien: FRS les Marchés LA AR P province dans le recueil Les grands marchés financiers. px: #18, 2. Çf Rapport Landry, pp. 181 et 182.
Le ministre des Finances dans un rapport présenté le 13 mai 1911 au Président de la République pou-
vait «affirmer, sans crainte d’être démenti, que la
petite et la moyenne industrie ne trouvaient pas en France de suffisantes facilités de crédit, et notamment de crédit à long terme ».
Ce rapport servait d’exposé des motifs à un décret
instituant au Ministère des Finances une commission extraparlementaire chargée d’étudier l’organisation bancaire et de rechercher les possibilités de la compléter. à Nommée le 1er juin suivant, la commission se
réunit le 24 juillet 1911 et se divisa en trois sous-
commissions dont les rapporteùrs furent MM. Chap- , Lefèvre et Alexis Rostand (1). Les conclusions
des rapports furent discutées et adoptées dans la
dernière séance du 5 juin 1912.
—-C'est d’après les lignes essentielles de ces savants
travaux que fut établi le projet de loi déposé par le
gouvernement « ayant pour objet l’organisation du
crédit au petit et au moyen commerce, à la petite et à la moyenne industrie et aux associations ouvrières de production ». La Chambre le discuta et l’adopta presque sans y rien changer dans ses séances des
1. Imprimés aux annexes du Rapport officiel, Doc. parl., Cham-
bre, 1912, annexe n° 2212, Voici notamment les conclusions de …
M. Chapsal : « 1° Insuflisance d’organisation dans la distribution du crédit à long terme aux moyennes et petites industries, notamment en ce qui touche l'émission et le placement des valeurs
industrielles ; 2 Absence presque complète d'organisation dans
-la dstwibutioir du OR aux ‘pes na ets ete commerçants. » PASSE
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