‹ Le crédit et les banquesChapitre 14 sur 58 · CHAP. I. — § H. FONCT. DES BANQUES · texte numérisé non relu

CHAP. I. — § H. FONCT. DES BANQUES

opérations d’une nature particulière, dont il n’y a pas lieu de s’occuper ici, car ce n’est pas le crédit public que nous envisageons. D’autres, établies sur une trop petite échelle pour entreprendre l’émission des billets circuculants, se sont bornées, comme les banquiers particuliers, à la négociation des effets du commerce : celles-là ne rentrent pas davantage dans le cadre de cet écrit, qui a principalement pour objet les banques publiques, considérées comme instrument du crédit général*.

Sans admettre donc de nouvelles classifications, qui auraient toujours quelque chose d’arbitraire, et qui sont après tout inutiles, il me suffira de rappeler, en les résumant, les principales fonctions que les grandes compagnies de banque remplissent dans leur état normal.

Ces fonctions peuvent se formuler ainsi :

1° Escompter les effets du commerce, en prenant un intérêt variable selon les temps, et toujours calculé d’après l’éloignement de l’échéance ;

2° Emettre des billets payables à vue et au porteur, qu’elles donnent soit en échange des effets de commerce qu’on leur présente, soit en payement de toute autre dette qu’elles contractent, et qui peuvent circuler dans le public jusqu’à ce qu’il plaise au porteur de les présenter à la caisse pour les convertir en argent;

3° Faire des avances aux particuliers, soit en billets

1 U est regrettable que l’auteur ait ainsi séparé les banques publiques, c’est-à-dire constituées par société anonyme, des banques particulières. Ces dernières, en effet, rentrent beaucoup plus directement dans la théorie que les secondes, toujours administrées par des mandataires, et qui sont, à cause de cela même, exposées à des critiques spéciales. C. S.

de banque, soit en argent, moyennant des garanties, telles que dépôt de marchandises, particulièrement de matières d’or et d’argent, dépôt de titres ou de valeurs publiques, hypothèques sur des biens-fonds;

4° Ouvrir à des particuliers on à des établissements publics des crédits à découvert, jusqu’à concurrence d’une somme déterminée, soit après avoir exigé préalablement une caution, soit sur la seule garantie de la moralité ou de la solvabilité du crédité. Cette fonction est particulièrement caractéristique des banques d’Écosse ;

5° Recevoir en dépôt l’argent des particuliers, à charge de le rendre à toute réquisition, tantôt en s’obligeant à payer un intérêt pour les sommes déposées, comme font les banques d’Écosse, tantôt en se chargeant seulement d’effectuer sans rétribution, pour le compte des déposants, tous les payements et tous les recouvrements d’effets de commerce, comme font la banque de France et la banque de Londres, tantôt enfin en se bornant à effectuer les payements par des virements de parties ou des transferts sur les livres, comme faisaient autrefois les banques de Venise, de Gênes, d’Amsterdam, de Rotterdam et de Hambourg.

Toutes ces opérations, sauf la dernière, qui a bien son caractère propre, et qui exige quelques réflexions à part, ont un rapport direct avec le crédit et ne sont, malgré leur diversité réelle, que le développement d’une môme idée.

Elles peuvent être exercées concurremment par une môme institution, comme elles le sont, eu effet, dans bien des cas. Je tâcherai d’en faire comprendre la portée et

le bot. Mais qu’on me permette de tracer d’abord un aperçu rapide de l’histoire des banques, en les conduisant depuis leur faible et confuse origine jusqu’à ce point de développement où elles sont arrivées dans certains pays.

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