‹ Le crédit et les banquesChapitre 2 sur 58 · VI NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

VI NOTICE BIOGRAPHIQUE

approfondie Adam Smith, J. -B. Say et Ricardo. Sa mémoire était une bibliothèque où les poêles et les orateurs avaient leur place à côté des économistes, et où il trouvait, avec de nombreux et solides matériaux pour ses travaux scientifiques, des modèles dont l’influence s’aperçoit dans l’élégante et facile correction de sa diction et de son style.

Il se destina d’abord au barreau, suivit les cours de la Faculté de droit de Paris, et obtint le diplôme de licencié en droit. Mais déjà l'amour des lettres commençait à se réveiller en lui, et il chercha à concilier ses diverses études, le désir de rester dans la capitale et le besoin de se suffire, par une publication périodique.

Ce début ne fut pas heureux. De concert avec d’autres jeunes avocats, il fonda, en 1827, un journal mensuel de jurisprudence commerciale, qui succomba au bout de deux ans, faute d’avoir été convenablement administré. Abandonné successivement par ses associés, chargé de tout le fardeau d’une entreprise qui tournait à mal, Charles Coquelin perdit, dans cette mauvaise affaire, sa modeste part de. fortune personnelle. Il revint dans sa famille, et ses parents le pressèrent d’exercer la profession d’avocat. Un organe sonore, une élocution facile et claire lui promettaient du succès au barreau, une carrière sûre et une existence aisée. Il plaida plusieurs fois avec bonheur devant le tribunal de commerce.

Mais Coquelin avait des défauts et des qualités qui devaient lui rendre antipathique l’exercice de la profession d’avocat, surtout en province. Ses défauts consistaient dans l'absence de toute préoccupation relative à ses intérêts personnels et dans une fâcheuse imprévoyance de l’avenir ; ses qualités étaient une probité ombrageuse et un sentiment inné du droit que le moindre sophisme exaspérait. Il aurait passé sa vie à refuser des dossiers. Ajoutons encore qu’il avait le goût des idées bien plus que le goût des affaires. On ne s’étonnera donc pas s’il abandonna une existence assurée dans sa ville natale, pour aller tenter à Paris les hasards d’une carrière scientifique et littéraire.

Il abandonna alors la jurisprudence pour l'économie politique, qu’il avait, du reste, instinctivement cultivée dès les premières années de sa jeunesse.

Une circonstance assez curieuse influa à cette époque sur la direction de son esprit et de ses études. Il discutait avec un ami de sa famille, négociant fort honorable de Dunkerque, et aussi ardent protectioniste qu’il était déjà lui-même chaleureux partisan de la liberté du commerce. La lutte entre les deux adversaires était vive, incessante, et presque journalière. Us ne se mirent jamais d’accord ; mais il en résulta pour Coquelin la nécessité de creuser à fond les doctrines vers lesquelles sa raison l’avait d’abord guidé.

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