‹ Le crédit et les banquesChapitre 4 sur 58 · SUR CHARLES COQUELIN. IX · texte numérisé non relu

SUR CHARLES COQUELIN. IX

pour exercer uniquement sa profession d’homme de lettres.

Parmi les articles importants que Coquelin a publiés dans la Revue des Deux-Mondes , nous en signalerons deux qui renferment des vues pleines d'originalité. L’un sur les sociétés commerciales (l* r août 1 843) ; l'autre sur la crise commerciale de 1847. Dans le premier, Coquelin demandait qu’une entière liberté fût laissée aux associations commerciales. Il voyait dans les entraves dont la législation impériale a entouré la formation des sociétés anonymes, une cause funeste de retard pour l’industrie française.

Dans le môme article, il attaquait avec vigueur les conceptions du socialisme, et il montrait tout ce qu’elles ont d'étroit et de mesquin quand on les compare à l’organisation naturelle de la société.

Dans son article sur la crise commerciale de 1847, il attaquait vigoureusement le régime des banques privilégiées, et, le premier en Europe, croyons-nous, il soutenait la cause de la liberté des banques, comme il avait soutenu auparavant celle de la liberté des associations commerciales. L’initiative de ces deux idées fécondes lui appartient, et nous sommes convaincu qu'elle sera pour lui, dans l’avenir, un assez beau titre de gloire. M. Carey, à qui il avait emprunté d'ailleurs de précieux renseignements sur le régime des banques libres de certains Etals de l’Union américaine, se chargea de faire connaître aux Etats-Unis ses travaux sur les associations commerciales et sur les banques.

Enfin, Coquelin publia dans la Revue des Deux-Mondes un travail dont la première pensée lui était venue en lisant les ouvrages de M. Ferrier, et dont il avait réuni les matériaux à la fois dans ses éludes économiques et dans ses tournées industrielles, nous voulons parler de son examen de la situation des différentes branches de l’industrie française, au point de vue d’une réforme douanière. Dans le cours de ce beau travail, qui parut en plusieurs articles, Coquelin prouvait, avec une irrésistible évidence, que l’industrie française, bien loin d’avoir à redouter une réforme douanière, ne pourrait manquer de se fortifier et de se développer si elle venait à être débarrassée de l’étreinte énervante du régime prohibitif. On se rappelle que la même thèse a été soutenue récemment, au moins pour ce qui concerne l’industrie cotonnière, par M. Jean Dollfus. Devant l’arguméntation précise et toute nourrie de faits de Coquelin, comme devant celle de M. Jean Dollfus, le fameux thème du travail national tombait à plat.

L’agitation commencée en 1846 pour faire prévaloir le principe de la liberté commerciale devait obtenir toutes les sympathies du savant et libéral rédacteur de la Revue. Présenté par M. Wolowski au Comité directeur de l’Association pour la liberté des échanges, Coquelin y fut adjoint à titre de secrétaire. Bientôt sa parole facile et chaleureuse, ses connaissances étendues et variées, son jugement sain lui acquirent une influence considérable au sein du

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