‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 12 sur 205 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

inerçants et aux petits industriels, qui donnent, comme nous verrons, des chifiFres élevés de criminalité.

En Bavière on compte un condamné juif sur 315 habitants et 1 catholique sur 265.

A Baden il y a 63,3 juife pour 100 chrétiens condamnés (Oettixgen, p. 844).

En Lombardie, sous le règne de l'Autriche, il y eût dans l'espace de 7 ans 1 condamné juif sur 2568 habitants. (Messedaglia).

En 1855, en Italie on comptait en prison, seulement, 7 juifs, 5 hommes et deux femmes, proportion de beaucoup inférieure à la population criminelle catholique. — De nouvelles recherches faites par Servi, en 1869, auraient donné sur une population de 17,800 juifs 8 condamnés seulement.

En Prusse aussi Hausner aurait remarqué une légère différence en faveur des accusés juifs, 1 par chaque 2600, pendant que les chrétiens donnaient 1 pour 2800, fait qui est en partie confirmé par Kolb.

Suivant Kolb, on nota en Prusse en 1859:

1 accusé juif par chaque 2793 habitants » » catholique » 2645 »

» » évangéhste » 2821 »

toutefois en 1862-65 on eut:

1 accusé juif par chaque 2800 habitants » » évangéliste » 3400 »

en Bavière on nota :

1 accusé juif par chaque 315 habitants » > catholique » 265 »

{Handb. der vergleich, statistick^ 1875, p. 130).

En France de 1850-60 il y eut:

accusés juifs en moyenne de 0,0776 % hab. majeurs^

> catholiques » 0,0584 7o » *

» juife . > 0,0111 7o » en général

> catholiques » 0,0122 q/q » »

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Il y avait 166 criminels juifs en 1854 — 118 en 1855 — 163 en 1856 — 142 en 1858 — 123 en 1860 — 118 en 1861 — soit avec une légère régression dans les dernières -années (Servi, OU Israeliti in Eiiropa^ Torino, 1872).

En Autriche, toutefois, les juifs condamnés donnèrent le 3,74 7o en 1872, le 4,13 en 1873: chiffres plus élevés de -quelques fractions par rapport au reste de la population (Stat. Uebers. der L h. bsterr, Strafansi^ 1875).

Le fait de la criminaUté spécifique des juifs est bien plus certain que la proportion plus ou moins grande des criminels; chez eux, comme chez les bohémiens, prédomine la forme héréditaire, et Ton compte en France des générations entières de filous et de voleurs parmi les Cerfbeer, Salomon, Levi, Blum, Klein. Les condamnés pour assassinats sont rares; et ce sont alors des chefs de bandes organisées avec une rare habilité, comme celles de Graft, Cerfbeer, Meyer, Dechamps, qui ont de véritables commis-voyageurs, des livres de commerce et qui déployent une prudence, une patience et une ténacité vraiment remarquables, ce qui leur permit d'échapper pendant de nombreuses années aux recherches de la justice : la plupart en France pratiquent des escroqueries spéciales comme celle de l'anneau, dans lequel ils feignent avoir trouvé un objet précieux, ou bien celle de la salutation matinale, qui leur fournit l'occasion de dépouiller les chambres des dormeurs qui oublient de fermer leur porte, ou bien encore celle de commerce (Vidocq, op. cit. — Du Camp, Paris, 1874). Les juifs de Russie sont surtout usuriers, faux monnayeurs, contrebandiers, même de femmes qu'ils expédient en Turquie.

La contrebande chez eux est organisée comme un demi gouvernement. Des villes entières de frontière, comme BerdrerefF, sont peuplées presque complètement de juife contrebandiers. Souvent le gouvernement fit envelopper la ville d'un <;ordon militaire et faisant des perquisitions, trouva d'immenses dépôts de marchandises do fraude. La contrebande arrivait au point d'être un obstacle aux traités de commerce avec la Prusse.

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Ën Prusse les condamnations étaient une fois très nombreuses contre les juife pour faux, calomnies, mais plus encore pour banqueroute et recel, crime, qui très souvent échappe aux recherches de la justice. Cela nous explique le grand nombre de mots juifs éparpillés dans les jargons de l'Allemagne et de TAngleterre, sachant que le voleur considère le recéleiu: comme un maître et un guide, et par suite s'approprie très facilement son langage.

Chaque grosse entreprise de la célèbre bande de Magonza (Tonnerre) était préparée par un Aochener ou receleur juif. Il fut un temps en France c où presque tous les chefe des grosses bandes avaient des juives pour concubines. — Trop de causes poussaient autrefois les juife à ces crimes comme aux louches bénéfices de Tusure : V avidité de l'or, un découragement désespéré, l'exclusion de tous les emplois et de toute assistance publique : la réaction contre les races persécutrices et fortes, contre lesquelles ils ne possédaient aucun autre moyen de réaction ; souvent même ballottés des violences des brigands armés à celles des feudataires, il leur arrivait d'être obligés de s'en faire les complices pour ne pas être les victimes ; on ne peut donc s'étonner si leur criminalité put paraître plus^ grande, tandis qu'il est juste de noter, que du jour où le juif put enfin faire partie de la vie politique, on vit diminuer cette tendance à une criminalité spécifique.

On s'aperçoit ici de nouveau combien il est difficile de conclure sérieusement dans les questions morales et complexes, en se basant uniquement sur des chiffres.

Si comparativement à celle des autres races, la moindre criminalité des juife pouvait être prouvée, on verrait surgir une divergence avec la diffusion de la folie, qui chez eux est d'une prépondérance si évidente (1).

(1) En Bavière il y a: 1 fou chaque 908 catholiques, 967 protest., 514 juifs En Annover : 1 fou chaque 527 > 64 1 >337 »

En Silesie : 1 fou chaque 1355 > 126 4 »604 ^

En Danemark on noto 5,8 aliénés chaque lOOOjuifs > > ^ 3,4 » » 1000 chrétiens.

(Oettinobn).

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Mais ici, il s'agit bien moins de race que de surmenage intellectuel; cardans les races sémitiques (Arabes, Bédouins) i'aliénation mentale est très rare.

10. — Bohémiens. — On ne peut en dire autant des Bohémiens, qui sont Timage vivante d* une race entière de criminels et en reproduisent toutes les passions et tous les vices.

« Ds ont en hon*eur, dit Grelmann (1), tout ce qui exige la moindre application ; ils supportent la faim et la misère plutôt que de se soumettre au plus léger travail soutenu, ils travaillent juste assez pour ne pas mourir de faim; ils sont parjures même enti*e-eux, ingrats, vils et en môme temps cruels, d'où le proverbe, en Transilvanie, que cinquante bohémiens peuvent être mis en fuite avec un Unge mouillé ».

Incorporés dans l'armée autrichienne, ils y firent triste mine. Ds sont vindicatifs à l'excès ; un d'entre-eux pour se venger ^e son maître qui l'avait battu, le transporta dans une grotte, le cousit dans une peau et le nourrit avec des substances les plus dégoûtantes jusqu'à ce qu'il mourut de la gangrène. Dans le but de piller Lograno ils empoisonnèrent les fontaines du Drao, et quand ils crurent les habitants morts, ils pénétrèrent en masse dans le pays, qui dut d'être sauvé à un habitant qui avait découvert le complot. On les vit, dans l'excès de la colère jeter leurs enfants comme une pierre de fronde à la tête de leur adversaire. Ils sont vaniteux comme tous les délinquants, mais ils n'ont autîune crainte de l'infamie. Tout ce qu' ils gagnent, ils le consomment en spiritueux et en ornements; si bien qu'on les voit aller nu-pieds, mais avec des vêtements galonés ou de couleurs vives : sans bas, mais avec des souliers jaunes.

Ils ont rimprévoyance du sauvage et celle du criminel. On ra-

(1) Histoire des Bokctniens, Paris, 1837. — Predari, Stigli Zingari^ Milano, 1871. — Pott, Zigeuner Halle, 1844. — Vidocq, op. cit., id., pag. 330. — BoBROw {^Oli Zingari in Spagna, traduz. di Hudson, 1818). — CoLOCci, OH Zingari, Ancona, 18S9.

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