DEUXIÈME PARTIE
impôt fédéral de 80 francs par quintal métrique et la quantité en est déterminée par des computistes spéciaux désignés par la Confédération. — Après cette loi, la consommation des boissons alcooliques diminua de 20 p. 100.
Dans certains cantons de la Suisse, le nom de l'ivrogne habituel est affiché par la police dans tous les débits de boissons, où il est défendu de le recevoir (Tissot, o. c, 571).
Le Canton de Saint-Gall, par un loi promulguée le 21 mai 1891, reconnaît aux pouvoirs publics (Conseil municipal-Communal) le droit de faii-e séquestrer d'office le buveur d'habitude aux frais du malade ou de la caisse des pauvres. (Smith, Die Ahoolfrage. 1895)
En Suède où l'alcoolisme sévissait à l'état de maladie endémique, on éleva successivement en 1855-56-64, de 2 à 27 à 32 francs par hectolitre, les taxes sur la distillation de r eau-de-vie; on défendit d'appliquer la vapeur aux distilleries, en en limitant la production à 2610 litres par jour, et la distillation à deux mois seulement de l'année; et plus tard à sept mois, mais seulement pour les grandes distilleries, afin de supprimer les petites, reconnues plus nuisibles au bas peuple; la production de l'alcool s'abaissa ainsi de deux tiers en dix ans, et son prix s'éleva de 0,50 à 1,30 le litre.
En Suède, la société de Bolag recueilht un capital si puissant qu'elle put acheter tous les cabarets d'un district et obliger les débitants, devenus ses employés, à prélever leur gain sur le thé, le café et les aliments, au lieu que sur le vin; elle trouva des imitateurs dans 147 villes de la Suède.
La société vendait des boissons n'ayant subi aucime manipulation et refusait d'en délivrer aux mineurs et aux ivrognes.
Depuis 1813 il y existait, du reste, une loi qui frappait d'une amende de 3 dollars l' individu trouvé ivre pour la première fois sur la voie publique, du double à la deuxième et ainsi de suite ; à la troisième et à la quatrième on lui retirait le droit de vote et celui de représentant; à la cinquième on le condamnait à la prison ou à la maison de correction jusqu'à 6 mois de travaux forcés, et à la sixième pour un an.
On y défendit ensuite (du moins en Non^ège) de vendre des spiritueux les jours de fête, la veille des jours de fête et dans les heures du matin avant 8 heures {A?in. de Stat^ 1880).
Quel est de tous ces remèdes celui qui a donné les meil- 3urs résultats ?
Beaucoup des mesures les plus énergiques, surtout parmi les ôpressives, sont loin d'avoir réalisé le but pour lequel elles irent initiées, sauf en Suisse, en Angleterre et en Suède : n sait que de 1851 à 1857 les crimes graves ont baissé de :0 ^/q en Suède et les crimes légers de 30 %, et que cette iminution se fait toujours plus sensible. On comptait 40,621 rimes en 1865, on n'en comptait plus que 25,277 en 1868 Bertrand, Essai sur V intempérance^ 1875). Dans la période .830-34, avec une consommation de 46 litres d'eau-de-vie, on m-égistra 59 cas de meurtres et 2281 cas de vols, dans celle le 1875-78 la consommation de Teau-de-vie étant tombée à .1 htres, le nombre des meuiires descendit à 18 et celui des ^ols à 1871 (Jaquet, o. c). En même temps la taille s'y est (levée et la vie moyenne a augmenté (Baer) ; le chiffi-e des luicides d'alcooliques, qui était de 46 en 1861, est descendu \ 11 en 1869; celui des ivrognes s'est aussi abaissé, mais le peu et d'une manière intermittente : à Gothenburg, par ixemple, on comptait :
tants
an 1851
ivrogne sur
habi
H n'en est pas moins vrai que le jour même, c'était un our de fête, que notre collègue, M. Brusa, arriva à Gothen- )urg, il y rencontra plusieurs ivrognes, et cependant il ne put )btenir une seule goutte de vin.