DEUXIÈME PARTIE
dérer comme d'injustes persécutions jusqu'aux plus légères punitions.
C'est pour la même raison qu'un silence trop rigoureux tourne au détriment de la morale. -- Un vieux détenu disait à Despine : « Quand vous fermiez un œil sur nos infractions, nous parlions davantage, mais nous n'offensions pas la morale; maintenant nous parlons peu , mais nous blasphémons et conspirons > .
En Danemark, lorsque dans les prisons les plus grandes rigueurs étaient en usage, on comptait 30 % d'infractions; à présent, que les lois y sont plus douces, on n'en compte plus que 6 7o.
Despine usait d'une excellente méthode consistant à n'infliger la punition qu'un certain temps après l'infraction, afin de ne pas paraître céder à un accès de colère ; le détenu coupable était conduit au cabinet de méditation; le directeur n'y pénétrait qu'une heure après pour lui annoncer la peine que comportait le règlement; souvent on infligeait une punition et un blâme à tout le groupe du coupable. C'est là un moyen qu'employait Obermayer avec beaucoup de succès.
Le travail doit être le ressort, le passetemps et le but de tout établissement pénitentiaire afin d'éveiller l'énergie, habituer à une occupation fructueuse le détenu après la libération ; comme instrument de discipline pénitentiaire et aussi pour dédommager l'État des dépenses qu'il encourt (1); mais cette dernière considération n'est que secondaire et ne doit pas être prise pour but principal, car, tous les travaux les plus
(1) H n'y a que les prisons de Charlestown, Çhatam, Portsmouth, Alipore, qao je sache, qui ont donné des profits de peu inférieurs aux dépenses. £n 1871-72, Chatam et Portsmouth ont même donné un surplus de 17.759 sterl., Du Cane 1872. — Selon Garelli, nos prisons coûtaient à TÉtat 32 millions et n'en rendaient qu'un et demi, Lexioni stdla riforma délie carceri, 1862. — Dans la Relaxione sul la/voro dei detenuii, présentée en 1876 par Nicotera, nous trouvons qu'en 1874-75 on comptait 38.407 détenus travaillant, dont 400 dans des métiers, distincts, 32.178 étaient inoccupés, V4 étaient tisserands, Ve cordonniers,.
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lucratife ne peuvent s'y effectuer; nous devons, pour les raisons sus mentionnées, éviter les travaux de serrurier, photographe, calligraphe, etc., qui prépareraient la voie à d'autres délits; préférons-leur au contraire les travaux agricoles qui ont donné le minimum de la criminalité dans nos statistiques et permettent aux libérés un placement facile; les travaux en paille, sparterie et cordage ; en typographie, terre cuite, pierre dure, etc., et n'admettons qu'en dernier lieu les travaux de cartonnage et de menuiserie, dont l'exercice exige des outils pouvant devenir dangereux.
De toute manière, le travail doit être proportionné aux forces et aux instincts du condamné, lequel, s'il a accompli le plus grand effort, tout en étant faible et ignorant, doit recevoir une récompense proportionnée, si non en argent, du moins en diminution de sa peine, à celle des plus forts et des plus habiles; c'est pour cela que je crois nécessaire d'éliminer de l'organisme pénitentiaire l'entrepreneur qui cherche naturellement de protéger les plus habiles sans tenir compte de la moralité et qui cependant, dans certains pays, va jusqu'à disposer de la grâce des ciîminels.
Inspirons-leur l'amour du travail, en le leur faisant envisager comme une récompense accordée à leur bonne conduite et un soulagement à l'ennui de la prison. Il ne convient donc pas tout d'abord de le leur imposer; il faut le leur laisser désirer et demander (Crofton) en le faisant précéder d'une détention cellulaire plus ou moins prolongée. Si, d'un autre côté, on veut que le travail devienne profitable et que s'établisse cet esprit de camaraderie et d'émulation qui est un
%Q menuisiors, '/lo agriculteurs, '/ q employés aux salines. — Le profit net pour l'administration fut en 1871 de 1.632.530 et le détenu toucha pour la main d' œuvre L. 0,473, le double presque de ce qu'il touche en Belgique 0,266, Hongrie 0,218, et en Autriche, 0,407. Notons ici, qu'en Autriche un condamné peut être obligé de payer une somme déterminée pour sa détention ; à Berne il doit au moins gagner 75 centimes par jour pour pouvoir bénéficier de son travail. En France il touche un '/s de son produit.