‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 161 sur 205 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

mesurant ainsi approximativement T adaptabilité sociale du coupable.

« Mais, dès qu'il a prononcé sa sentence, le juge ne se préoccupe plus de savoir si ce condamné ne retombera pas peu après dans la faute. — Que sait-il de l'application de la peine et de l'effet que produit sur le coupable la privation de sa liberté? Et d'ailleurs lorsqu'un prisonnier est amendé après 10 ans de prison, devrait-il subir encore 10 autres années tandis qu' un autre est libéré au bout de 5 ans, lorsqu'il lui serait utile de rester encore en prison?

« Le crime est comme la maladie ; le remède doit être approprié au malade: c'est la tâche de l'anthropologie criminelle de déterminer dans quelles mesures il doit être appliqué. Que dirait-on d'un médecin qui, s'arrôtant sur la porte d'une salle d'hôpital, dirait aux malades qui lui seraient présentés : Pneumonie? scirop de rhubarbe pour 15 jours! Typhus ? scirop de rhubarbe pour un mois ! et puis ce temps écoulé les mettrait à la porto, guéris ou non ? » (Ferri).

La peine, pour éviter ces fautes, doit donc être indéterminée et présenter do grandes subdivisions partant du principe de Cicéron : a naiura hominis discerida est iiatiira juris; on doit la différencier selon que l'on a sous les yeux, un criminel-né, un criminel par occasion ou un criminel par passion.

Pour tout criminel (1) pour lequel 1' acte accompli et les conditions personnelles démontrent que la réparation du dommage n'est pas une sanction sociale suffisante, le juge ne devra décréter dans la sentence de condamnation que la relégation à temps indéterminé, dans l'asile criminel ou dans l'établissement des incorrigibles ou dans les établissements (colonies agricoles et prisons) pour les criminels par occasion, adultes et mineurs.

L'exécution de la sentence devrait ensuite être regardée comme une continuation logique et naturelle de l'œuvre du

(1) Ferri, op, cit.

Digiti

jge ; comme une fonction de défense pratique de la part d'or- :anes spéciaux.

Los commissions d'exécutions pénales par rinter\^ention des xperts anthropologistes-criminalistes du juge, de Taccusateur t du défenseur, joints aux fonctionnaires administratifs repréenteraient, justement, non pas l'abandon et l'oubli du conamnô dès qu'on a prononcé la sentence comme cela arrive aaintenant, mais bien au contraire une œuvre humanitaire et fficace de protection, soit de la société contre les dangereuses ibérations à échéances fixes, des criminels redoutables, soit ie l'individu contre l'inutile exécution d'une sentence qui, dans 9 fait, aurait été démontrée excessive à son égard. On voit lonc que la libération conditionnelle est connexe au principe le la rélégation indéterminée.

Peuies extra-pénitentiaires. — Xous devons autant qu'il est lossible éviter les entrées courtes et répétées dans les prisons [ui sont, comme nous l'avons démontré, les écoles du crime, iu*tout du criiîie associé, le plus dangereux de tous. « Elles smpechent toute cure, elles rendent impossible un travail coninué et donnent au criminel une sorte de prestige suigeneris^ :ar il en est de ceux qui inscrivent sur leur bonnet le nombre le leurs condamnations » (1).

« On dirait, écrit Krohne (Mamiale di scienxe penitenxiarte) [ue la plupart des pays ont adopté pour principe d'envoyer m prison le plus grand nombre d'hommes possible, aussi souvent que possible et pour une durée aussi abrégée que posible » . Il aurait pu ajouter de manière à ce que la prison )roduise aussi peu de bien que possible et autant de mal [ue possible (Joly).

J'ai vu en prison 11 enfants arrêtés sous la très grave accuation d'association de malfaiteurs, pour avoir volé un hareng, [ pour une grappe de raisin, pour un peu d'herbe, un poussin,

(1) V. AspiRALL : Cumulative Punishmcnts. London, 1892.

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