‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 174 sur 205 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Tous les penseurs reconnaissent que le droit est une proportio hominis ad hominem^ ayant pour but de rendre possible Texistence de Thomme dans la société ; qu'on le considère subjectivement ou objectivement il a incontestablement deux fins : Thomme et la société, toutefois, l'homme seul peut être sujet au droit en tant qu'il fait partie de la société.

Dans le cas du fœtus comme dans celui du nouveau-nè on ne rencontre pleinement aucun de ces deux termes : on peut même dire que l'élément social y fait complètement défaut ; « il est évident, en efTet, que l'un et l'autre sont plutôt sous la tutelle de la mère, qui est leur ambiant extérieur, que sous celle de la société, de laquelle ils ne font pas encore directement partie » (Tissor, hitrod. philosopha à Véiude du droit péiial^ etc., liv. I, chap. II).

Le sentiment d'alarme de la société pour la vie d'un enfant dont elle ignore encore l'existence (car l'infanticide honoris causa doit nécessairement avoir lieu avant que la naissance de l'enfant soit connue) doit être bien moindre que celui de la perte d'un adulte dans la fleur des années (1).

Il convient donc de défalquer du mal juridique dérivant du meurtre d'un enfant, la quantité de maux certains ou probables qui dériverait do la conservation d'une vie qui expose la. mère à la perte irréparable de son honneur, compromet la tranquillité d'une famille et quelquefois de plusieurs, ou qui met, tout ou moins, la société dans le cas de l'exposition de l'enfant, dans une perplexité terrible ; car, d'un côté, la voix impérieuse de la charité lui impose de recueillir cet innocent abandonné ; d'autre côté, la raison et l'expérience lui enseignent qu'en acceptant comme une obligation constante d'élever ces enfants, elle court le risque d'encourager leur exposition, et de faire dégénérer, en somme, la charité en une prime offerte au désordre et à l'immoralité (Boccardo, Dixionario di economia politica, ecc.).

Quant au dommage immédiat causé par l'infanticide, il con-

(1) Balestrini, op, ûit.

la suppression d'ane existence tellement menacée par snce des morts-nés illégitimes et par la grande mori frappe plus tard les enfants trouvés, qu'il ne peut ne manière se rapprocher du dommage causé par ie commun.

à peine besoin d'ajouter que la peine pénitentiaire mmanquable ofifet de dépraver complètement la femme i enlever, avec F habitude du travail domestique, le ie se réhabiliter, une fois sa peine expiée, re part, si Ton base la peine sur la crainte de la réelle ne peut avoir aucune prise sur Tinfanticide, qui tuellement une criminelle par occasion ou par passion, t récidiviste; le probaiion System avec caution serait

largement suffisant.

ces atténuations dans la répression des femmes cri- , nous préviendrions ces décisions des jurés et des li paraissent si injustes si nous les comparons aux lations des hommes; rappelons que sur 100 prées deux sexes en Italie, on acquitta 34 femmes et mes en Cours d'assises ; 31 femmes et 19 hommes, le Tribunal ; 8 femmes et 6 hommes en justice de 1 France, 25 femmes et 50 hommes, en Cours d'asn Russie, 31 femmes et 34 hommes (1).

Jeunesse. — La prison est encore bien moins indiquée jeunesse des deux sexes; j' ai démontré qu'il j a des lysiologiques dans l'enfance tels que le maltraitement laux, le vol de friandises, le faux (voyez VHomme criol 1). Ce qui sera vraiment utile dans ces cas, c'est ^ nous appelons le nourrissage moral, leur envoi chez illes honnêtes et bienveillantes, oii les enfants seront tés et desquelles ils subiront facilement la suggestion, mte à cet âge ; et seront stimulés à une activité conns le sens le plus propre à satisfaire leur amour propre

ICO, La Stalistica civile e pénale, Roma, 1898.

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