‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 182 sur 205 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

la folie ou an moins d'une grave affection cérébrale, après l'expertise uniforme de trois médecins aliénistes.

4° Étant donné Textraordinaire importance de l'épilepsie, tous ceux qui auront commis des crimes en état d'épilepsie psychique, ou les criminels ayant souffert de convulsions épileptiques.

5*^ Ceux qui étant notoirement honnêtes furent poussés au crime par une habituelle et évidente infirmité, comme • pellagre, alcooUsme chronique, maladies puerpérales, spécialement lorsqu'ils ont des parents aliénés ou épileptiques et présentent de nombreux caractères de dégénérescence.

C'est ici qu'apparaît la nécessité de créer des asiles criminels spéciaux pour alcooliques, épileptiques, pellagreux, etc.

Les aUénés provenant des prisons devront être isolés des autres et placés dans des quartiers séparés des infirmeries annexées aux prisons. Pour tous la discipline devra être sévère, la vigilance plus grande que dans les asiles communs et analogue à celle des maisons pénales, mais le travail y sera proportionné aux forces, fait en plein air et alterné de longs repos et d'amusements.

La direction devra être médicale et le personnel pénitentiaire.

Les individus reconnus habituellement dangereux et ayant déjà subi divers procès ne pourront jamais être libérés ; ceux atteints de foHe transitoire ou intermittente, offrant des signes de parfaite guérison, seront signalés pour la mise en liberté après un ou deux ans d'observations, mais soumis après leur sortie à des visites médicales mensuelles pendant plusieurs années de suites, comme en Belgique.

crimiaels, mais on n'a pas fait attention que c'est justement dans les cas douteux, dans les cas intermédiaires entre la folio et la raison, dans lesquels sont lo plus fréquents les crimes sans causes, que les asiles criminels sont le plus utiles et servent davantage à garantir la sûreté sociale. Rappelons ici, qu'un crime sans cause est déjà par lui-même un signe de folie. Boccaria dit que l'homme sain n'est pas capable do sentiments inutilement cruels, qui ne soient suscités par la haine, la crainte ou l'intérêt. (V. Yol. II, H. Criminel),

► CHAPITRE m

Criminels incorrigibles, — Nous avons vu que le meilleur tômo pénitentiaire n'empêche pas les récidives et que le tème individualisé a donné en Danemark de tristes résultats, fous avons vu, d'autre part, que les prisons collectives t le plus souvent cause de récidives répliquées et d'actions iiinelles (Voir Hom. crim,^ vol. I).

iue peut-on, d'ailleurs, espérer d'individus, tels que nous dépeint Breton et Aspirall, réintégrant 50 ou 60 fois la ;on dans un an — et qui évidemment s'y trouvent mieux dehors, si bien que l'emprisonnement n'est plus pour eux punition, mais une récompense et une encouragement i corruption?

Juand aucune méthode ne seit plus, quand le criminel est msible à tous les soins et récidive 10 ou 20 fois, la société doit plus attendre qu'il se perfectionne encore dans le ne à ses dépens, par un nouveau séjoui- en prison; mais doit le tenir enfermé jusqu'à ce qu'elle ait acquis la cer- [lo de son amendement ou, mieux, de son impuissance uire.

In doit, dans ce but, fonder des établissements péniten- •es spéciaux, dans lesquels un jur\', composé de directeurs médecins et de juges, dirigerait tous les individus qui ût dès l'enfance monti'é de l'inclination pour le crime, récidivé plusieurs fois, spécialement s' ils présentent ces ictères psychiques et physiques que nous avons vu être la xîtéristique des criminels-nés (Voir Home crim,^ vol. I). lus que de leur bien-être on de\Tait se préoccuper de utilisation, afin qu'ils ne nous soient pas trop à charge, lu péril de leur évasion ; on devrait pour cela les tenir de ôrence dans des îles ou vallées reculées, où on les occulit, si ce sont des paysans, à des travaux champêtres, seraient en même temps utiles à leur santé et à l'État; lis que les citadins seraient affectés aux ateliers; mieux )re : on pourrait en former des escadres disciplinées miliîment, comme cela se pratique en Westphalie, et les desr aux travaux des routes ou d'assainissement des marais.

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