‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 183 sur 205 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Il leur serait permis chaque jour, pendant quelques heures, de s'occuper suivant leur goût; mais ils ne pourraient être remis en liberté qu'après une preuve extraordinaire d'amendement.

Le système cellulaire ne leur serait infligé que dans le cas de nouvelles récidives. De cette façon on purgerait la prison de ces criminels , qui en glorifiant le vice , y rendent impossible toute tentative d'amendement; on appliquerait ainsi de nouveau à la société ce procédé de sélection auquel est due l'existence de notre race, et aussi probablement de la justice elle-même (1), qui prévalut peu à peu à la suite de l'élimination des plus violents; et quelque élevée qu'en soit la dépense, elle serait toujours moindre que celle que devrait supporter la société pour leurs nouveaux crimes et pour les nouveaux jugements. Thompson calcule que 458 récidivistes écossais coûtèrent 132,000 livres sterlings, dont 86,000 pour les seules dépenses de jugement. N'est-ce pas là un apanage do prince?

Cette proposition n'est pas nouvelle, car dès 1864, la Chambre des lords avait déjà proposé de condamner les criminels à la servitude pénale après une seconde récidive. E. Labatiste (Essai sur les iiistitutioiis pénales des Romains^ 1875) propose la déportation perpétuelle après l'expiration de la peine de chaque individu dont le total des condamnations excède 5 ans et qui est récidiviste pour la dixième fois.

La même réforme est proposée par Bonneville {De Vinsuffi' sance actuelle de V intimidation, 275); ipRT Tissot (Introdiict. phil. à Vétude du droit pânal, 1874, pag. 433) et par Doria, Banni (V. Rivista di discipl, rarc,^ 1876) ; et elle fonctionne déjà en Belgique dans la colonie agricole de Mexplas, qui contient 4500 individus: tout s'y est bâti et organisé avec la maind'œuvre des pensionnaires avec l'aide de 30 ou 40 contremaîtres libres (Joly, o. c). Tout se construit peu à peu, au fur et à mesure des besoins et des ressources, de sorte que

(1) H. Criminel, Vol. I, Partie I»-®.

magnifique établissement, qui dans un autre pays aurait

coûter des raillions, n*a' coûté en Belgique que l'achat du Tain. Le bétail croît et multiplie sur place, car les fermes t leurs étalons et leurs taureaux. Les ouvriers ne sont ocpés qu'à des travaux d'un facile débouché, et pour lesquels

ont des outils.

Les pensionnaires y sont divisés en quatre catégories :

1° Les hommes indisciplinés ou dangereux, dont le conît pourrait être nuisible aux autres internés;

2^ Les condamnés correctionnels, récidivistes, les surillés de la police, ceux qui s'étaient évadés jadis ou qui aient eu dans l'établissement même une mauvaise conduite: 3*^ Les hommes dont les antécédents laissaient à désirer, lis qui n'avaient jamais subi de punitions graves dans la iison ;

•i"^ Ceux qui n'avaient pas été déportés aux colonies plus

trois fois et dont la conduite était considérée comme bonne. Les communes y envoient quelquefois leurs indigents en yant 0,65 pour les valides et 0,85 pour les invalides. Ceux qui refusent de travailler ont trois jours de cachot

pain et à l'eau. On les paie avec une monnaie fictive, qui i cours que dans l'établissement, et qu'on ne leur échange titre de la vraie monnaie qu'au jour de leur départ. De bte manière aucune dépense dangereuse n'est à craindre îux dans les hameaux environnants (Joly, Le combat cofitrc crime).

Peine de tnort. — Mais lorsque, malgré la prison, la dértatiou, le travail forcé, ces criminels réitèrent leurs crimes iguinaires et menacent pour la troisième ou quatrième fois vie des honnêtes gens — il ne reste plus alors que l'exmo sélection, douloureuse mais certaine, de la peine de mort. - peine do mort n'i^st hélas ! que trop écrite dans le livre la nature, elle l'est aussi dans celui de l'histoire; et comme ine, elle est d'une justice relative, comme toutes les autres ines.

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