‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 38 sur 205 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

D'où Xfin voit qu'avec raccroissement des écoliers diminuent les homicides, exception faite pour la Kussie (avec 14 homicides malgré un minimum d'écoliers de 2,4) et pour la Suisse, qui compte un chiffre élevé d'écoliers et d'homicides.

Quant aux vols, ils suivent une marche inverse : ils s'élèvent en Angleterre, Belgique et Prusse avec le plus grand nombre des écoliers et diminuent en Espagne avec leur moindre nombre.

Les tendances révolutionnaires donnent des résultats contradictoires.

Ce rapport se maintient jusqu'à un certain point en étudiant chaque nation en particulier.

En Italie le parallélisme entre l'homicide, le viol et l'ignorance est complet; la cote minimum, moyenne et maximum correspond à celle des deux délits cités, comme dans le tableau suivant :

de 80 à 86 o/q

Homicide (1) p. 100.000 habitants 32,3 Yiols (1) » » 23,6

Escroqueries (1) » > 41

Vols (2) » » 111

Nous avons vu en France et en Angleterre les crimes de sang devenir de plus en plus rares dans les grandes villes, où ils sont presque toujours commis par des paysans ou des montagnards, pendant que l'on y voit prévaloir ceux contre la propriété; et il en est de même en Italie pur les récidivistes, justement parce qu'ils sont plus instruits. En Belgique les grands crimes diminuèrent chaque année depuis 1832 — de 1 chaque 83.573; ils descendirent à 1 chaque 90.220 en 1855. — En Suisse depuis 1852 les grands •crimes ont diminué du 40 %.

(1) Relaxione alla Gommissione di statistica gtudixiaria, del Bodio, 1896 (bozze).

(2) Atlante deWQmicidio del Ferbi, 1895.

LOMBROSO ~ JH. 9

Illettrés (1)

de 80 à 50 o/q

de 50 à 0 O/^

130 CHAPITRE vni

En Franco les crimes les plus graves, jugés par les Assises^ de 40 7oooo qu'ils étaient en 1825, sont descendus à 11 Voooo en 1881; tandis que les accusés jugés par le ministère public de 48.000 se sont élevés à 205.000.

En somme, il y a eu, il est vrai, une recrudescence de criminalité de 133 ^q] mais les crimes de sang ont diminué pendant que les outrages à la pudeur de 302 en 1875 ont atteint 2592 en 1880; de 1826 à 1880 les vols ont augmenté de 238 ^Z^; les escroqueries de 323 ^'^^ les abus de confiance de 630 ^/^; les crimes contre les mœurs de 700 ^/^y, Le vagabondage est quatre fois plus élevé, les outrages aux agents ont quintuplé; les banqueroutes de 2000 ont monté à 8000, pendant que les commerçants ont augmenté, il est vrai, mais pas dans la même proportion.

Ces différences expriment l'influence de l'instruction.

Mais cette influence fut bien plus remarquable et plus bienfaisante en Angleterre (1), où de 1868 à 1892 le nombre des prisonniers s'abaissa de 87.000 à 50.000; les criminels adultes de 31.295 â 29.825.

Et cependant la population augmenta dans le même temps de 12 ^/q ; et maintenant on n'y compte plus que 21 iUettrés sur 100 accusés; cette diminution eut lieu surtout à Londres, où les écoles sont le plus nombreuses et le plus répandues.

Criminalité spéciale aux illettrés et aux lettrés, — Tout cela nous explique un phénomène, qui paraît tout d'abord complètement contradictoire : c' est-à-dire que l'instruction tantôt augmente et tantôt diminue le crime. Lorsque l'instniction n'est pas encore répandue dans un pays, quand elle n'est pas encore arrivée à maturité, elle augmente d'abord tous les crimes, sauf Fhomicide ; mais quand au contraire eUe y est très diffuse, elle diminue tous les crimes les plus féroces, hormis, comme nous le verrons, les crimes les moins graves

(1) Statist. giudix. dcW InghiltciTa, 1S05. Bcnic de Paris, Joly, N. 21, 1895.

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