PREMIERE PARTIE
que pour les viols et attentats à la pudeur, qui suivent au contraire, bien plus exactement, les variations thermométriques annuelles. Ainsi :
Les homicides de 410 en 18S0 atteignirent en 1838 â 520 et la temp. de Sl^ à S5<» » 435 • 1848 • • 1850 à 560 • > SP à 33»
I^ viols de 380 • 1818 • • 185S A 640 » • SI» à 35»
Quant aux délits contre la propriété, nous avons une prédominance notable en hiver; par ex. : le vol et le faux en janvier et peu de diiféreuce dans les autres saisons.
Ici Tinfluence météorique est tout à fait différente : les besoins augmentent pendant que les moyens de les satisfaire diminuent.
6. — Calendriers criminels, — Lacassagne, Chaussinaud (1) et Maury en établissant cette démonstration ont composé, à l'aide de la statistique de chaque délit en particulier, de véritables calendiiers criminels sur le modèle de ceux des botanistes pour la flore.
Parmi les crimes contre les personnes, l'infanticide occupela première place en janvier, féviier, mars et avril (647, 750, 783, 662); cela correspond au plus grand nombre de naissances qui ont lieu au printemps, qui décroissent en mai et surtout en juin et juillet, poui* augmenter de nouveau en novembre et décembre (époque du carnaval); ça correspond aussi à la recrudescence des naissances illégitimes (1100,. 1131, 1095, 1134) et des avortements.
Les homicides comme les blessures atteignent le maximum en juillet (716). Les parricides au contrah'e sont plus nombreux en janvier et en octobre.
Juin est le mois où se vérifie le maximum d'action de la température sur le viol des enfants; vient en suite mai, juillet, août (2671, 2175, 2459, 2238); le minimum est en décembre
(I) Marche de la criminalité en France, 1880, Lyon.
10 CUA.FIfKE I
<(993) suivi des autres mais froids, pendant que la moyenne mensite est de 1684. Les viols sur les adultes ne stdveHt pas la même marche : leur maximum est en juin (1078), le mtninram *en novembre (534); ils augmentent en décembre et janvier (584) '(je crois à cause du carnaval); Us restent en suite stationnaires en février (616), et remontent en mars et mai (904), pendant que la moyenne mensile est de 698.
Les blessures ont une allure irrégulière parce qu'elles sont moins influencées par le climat : elles s'élèvent en février (937), •décroissent durant les mois suivants (840-467) pour remonter •en mai (983), juin (958), redescendent en juillet (919) et reprennent en août (997) et septembre (993) pour subir une nouvelle décroissance en novembre et décembre (886).
Dans les crimes contre la propriété, les variations ne sont pas aussi prononcées, bien qu'ils offrent une différence en plus de 3000 en décembre et janvier (16,879, 16,396) et en général dans les saisons froides, et une décroissance en avril ^13,491) et dans les saisons chaudes. Évidemment il ne s'agit pas ici d'une cause directe du froid, mais bien de l'augmentation des besoins en hiver et de ce que les moyens d'y subvenir diminuent, d'où une plus grande nécessité du vol «^moyenne mensUe 14,630).
Enfin si nous suivons les curieuses études de Maury (Le mouvement moral de la société^ 1860) faites d'après les observations de Guerry mois par mois, on peut conclure :
En mars l'infanticide tient absolument le premier rang; sur 10,000 crimes U compte pour 1193 ; viennent en suite le viol avec violence 1115, la supposition et disparition de part 1019, le rapt de mineurs 1054; en 3"*® file viennent les menaces par écrit 997.
En mai nous trouvons en première ligne le vagabondage 1257, en suite le viol et l'attentat à la pudeur 1150, puis, l'empoisonnement 1144, et enfin le viol de mineurs 1106; <e dernier, grâce à la chaleur, s'élève brusquement au 4® degré -du 35* qu'il était en mars ; en a\Til il descend déjà au 10**, -en juin il est au 2^ avec le chiffre de 1303.