‹ Le crime, causes et remèdes. Avec un appendice sur les progrès de l'anthropologie criminelle pendant les années 1895-98Chapitre 54 sur 205 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

une première fois aux Assises, sa peine fut réduite dérisoirement dans un second jugement, grâce à la défense d'un collège d'avocats et d'experts. Bien différent aurait été le sort du cocher, si, au lieu d' avoir été la victime, il avait tué son maître despotique.

« Aussi, en requérant la condanmation des petits voleurs, le cœur se serre-t-il douloureusement en pensant à la criminalité éhontée et impunie des grands voleurs de la Banque Eomaine ».

Paroles saintes, mais, qui, prononcées par un autre, pourraient être punies de prison; tant, hélas ! est injuste la justice en Italie !

Ajoutons que beaucoup de crimes, encore aujourd'hui, ne sont pas dénoncés, s' ils sont commis dans certaines classes dangereuses, mais puissantes, par des camoristes, par ex.

En résumé : le facteur économique a ime grande influence sur la criminalité : non, cependant, que la misère en soit la cause principale ; car, la richesse exagérée, ou trop rapidement acquise, y prend pour le moins une aussi large part; et misère et richesse sont souvent paralysées par l'action ethnique et climatique.

Religion.

LHnfluence de la religion est aussi complexe, et même plus <[ue celle de la civilisation et de la richesse.

Nous avons vu des criminels ti-ès religieux (spécialement dans la campagne et dans les pays peu civilisés) et des criminels irréligieux et athées (V. Homme Criminely Vol. I).

Nous avons observé, que parmi les habitués des églises, les criminels et les honnêtes s' équilibrent presque dans les proportions (1) et souvent les premiers sont les plus nombreux (Y. nom)He Criminel^ Yol. I).

Sur 700 criminels examinés, pai* Ferri, un seul était athée, un était indifférent, 7 étaient dévots et trouvaient même dans le sentiment religieux une excuse à leur crime ; un d'eux lui disait: « C'est Dieu qui nous donne cet instinct de voler >; un autre: « Les crimes ne sont pas des péchés, car les prêtres aussi en commettent* ou bien: cJ'ai péché, c'est vrai, mais avec la confession le prêtre me pardonne ». — Le plus grand nombre étaient imprévoyants des peines futures, comme ils Tétaient des punitions humaines — ; ainsi, un assassin répondait à Ferii qui lui avait demandé s' il ne craignait pas

le châtiment divin — Mais Dieu ne m' a encore jamais

puni. — Mais vous irez à V enfer — Oii ! je pourrai y

aller, et ne pas y aller — Et un troisième : « Nous 1«'

verrons si nous serons punis, quand nous serons morts.»

(1) Maxime Du Camp, eu examinaut 33 détonus cellulaires durant la messe, nota que: 3 lisaient la messe, 1 avait la tête couverte en fixant l'autel, 1 était à genoux, 1 faisait semblant de lire le missel tandis qu'il lisait le Magasin Pittoresque^ 1 pleurait; 26 à table lisaient ou travaillaient.

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