‹ Le crime, causes et remèdesChapitre 113 sur 190 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

dans les intentions les. plus saintes et pleinement réalisées. C'est une sorte de secte qui a pour but de prévenir et de combattre le vice et le crime, même avec les armes les plus étranges. Elle lutte contre l'alcoolisme avec des meetings, des hôtels de tempérance à bon marché, des elevators^ des cuisines populaires qui ont distribué en 1895, 3.396.078 repas; elle combat le vagabondage avec des dortoirs qui donnent asile chaque nuit à plus de 4100 personnes, et oii sont tenus le soir des meetings où se fait le plus de sauvetages.

On met à la portée des malheureux, tous les moyens possibles pour les tirer de la mauvaise voie, on les inscrit aux bui'eaux de placements qui dans la seule année 1895 trouvèrent des emplois à 19.872 personnes, ou bien, on les reçoit dans les elevators^ établissements spéciaux ou ils sont occupés à des travaux rétribués ou initiés à un métier s'ils n'en connaissent aucun, jusqu'à ce qu'ils puissent être placés chez des particuliers ou dans les fermes- villages de la Salvation Army^ ils restent alors en relation avec la maison pendant 4 ans.

Pour les condamnés, la Salvation Army tient des conférences dans les prisons; elle en enrôle les meilleurs sujets comme soldats dans ses rangs, en admet une autre partie dans un établissement spécial, oii l'on essaie de refaire lem- éducation morale et pratique, tout en les initiant à un métier: de là, ils passent dans les elevaiors, ensuite dans les maisons privées et aux fermes-villages, etc.

L'armée possède encore, outre cela, 84 bureaux pour les misérables, qui ont pour mission de combattre le vice corps à corps : ils visitèrent dans une année environ 58.723 familles pauvres dans les maisons privées, 15.702 personnes dans les P'ublic-honses^ et 7.500 dans les Lodging-houses^ en y assistant au moins 3887 malades; elle possède des institutions spéciales pour les enfants, qui sont expédiés le plus vite possible dans les colonies.

Pour les femmes, l'armée dispose de 9 dortoirs spéciaux et de 13 Rescue homes (qui arrachent presque matériellement les femmes aux cabarets et aux Lodging-hoiises) elle en em-

ploie 1556 à uu travail à leur choix, et après un certain temps les envoie dans les maisons privées ou dans les fermes de la Salvation.

Il est curieux de voir comment ces nouveaux soldats de la charité pénètrent partout sans violence; leurs maisons, leurs elevators^ leurs fermes sont ouvertes ; qui veut y entre et qui veut en sort, et celui qui en est sorti, s'il y retourne est toujours accueilli comme l'enfant prodigue et jouit d'une liberté complète.

Citons encore les Wellesleiens, dont on peut dire la même chose. Lorsque Mearms, un de leurs adeptes, eut révélé par une enquête les horreurs de la Londres pauvre, ils se jetèrent à corps perdu à convertir les vicieux et les alcooliques (1).

Hugues, un de leurs grands apôtres, prêchait : « Nous ne devons nous occuper de sauver les âmes jusqu'à oublier de sauver les corps » et avec l'accent de la conviction la plus profonde, il entraînait des centaines de personnes qui se déclaraient converties et les confiait au pasteur.

Ils choisissent les heures où les hommes sont le plus en danger, les heures sociales comme ils les appellent, de 9 à 11 h^''^'^ et les invitent à des soirées oii ils leur offrent les meilleurs traitements, se mettent en relation avec eux et leur font signer le serment de tempérance. Ils visitent les lieux les plus infectes, les bouges ; oii leurs sœurs découvrent et sauvent les femmes en danger. Une d'elles voit un jour uno jeune fille entraînée au cabaret par un homme vicieux, elle FafEronte et lui dit : « Souviens-toi que tu es femme » et elle l'embrasse au front, et cette fille, émue, lui répond : « Je n'entrerai jamais plus dans un cabaret, mais recueillez-nous toujours le soir si vous ne voulez pas que nous retombions dans le mal » .

(1) Revue du Christianis. praticante, 1890-95. Vais. — Mocom Tatlor, Portraits and pictures of the West, London, Mission, 1893. — Mkabms, The bitter ery of the outcast. London, 1893.

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