DEUXIÈME PARTIE
-en dehors des heures de travail les masturbatenrs ? les colériques impulsifs? les psychopathes sexuels? les voleurs, les tortionnaires d'animaux?
Il importe, cependant, d'améliorer cette institution par une ■sélection spéciale. — Il faut non seulement séparer les jeunes gens d'avec les adultes incorrigibles; mais tâcher de les grouper selon leur âge et leur degré de dépravation, etc. ; car, réunis ensemble, leurs vices se multiplient au lieu de se corriger: il faut tâcher de vaincre les mauvais penchants par la suggestion hypnotique qui, à cet âge a plus de chance de réussite ; renouvelée périodiquement, cette suggestion fait naître une espèce d'habitude du bien. C'est un procédé anologue â l'exjîôrience dont parle Spencer dans son Education. « Des carpes ;ayant été mises dans un acquarium avec des petits poissons, qu'elles étaient habituées à manger; on les sépara par un diaphragme de verre; elles se jetèrent d'abord sur le verre pour les saisir, mais voyant l'inutilité de leurs efforts, elles •cessèrent leurs tentatives, et lorsqu'on enleva le verre, elles vécurent avec eux sans les manger. L'habitude les rendit inoffensives si non innocentes. C'est ainsi que le chien entraîné par l'habitude et l'éducation finit par ne plus voler » .
C'est par cette méthode que l'on doit traiter les criminelsnés; en évitant les corrections féroces qui ne peuvent que les irriter.
La mesure capitale de l'isolement préventif des criminels se trouve maintenant considérablement facilitée par les nouvelles connaissances anthropologiques; car les caractères physiognomiques et crâniologiques, joints aux caractères biologiques et à l'excès des tendances à mal faire, aident puissamment à distinguer la criminahté toujours ascendante et empirante du criminel-né, de celle qui n'est que temporaire chez tous les enfants (Yoir Homme criminel., vol. I, chap. II, pag. 111).
Il résulte des études récentes faites en Italie sur ce sujet {Studi antropologici in servixio alla pedagogia., Vitale Vi- TALi, 1896), que sm- 333 écoliers examinés, 13 7o offraient ■des anomalies crâniennes graves. Or, de ces anormaux 44 %
étaient indisciplinés, tandis que chez les écoliers à type normal 24 ^Iq seulement étaient indisciplinés : des premiers, 23 °/g. avaient peu d'intelligence ou l'avaient obtuse et 27 "^/q inerte :: des seconds, l'intelligence était obtuse chez 11 ^/q, et inerte chez 10 ^Iq — 2 °/q étaient incapables d'aucun progrès ainsi que 9 °/o des premiers.
Des 43 anormaux, 8 accusaient des douleurs et de la chaleur à la tête, de l'incapacité à persister dans le travail ; 12 avaient des impulsivités, de l'irascibilité et étaient incapablesde se contenir, 6, vrais criminels-nés, manquaient de sens moral, commettant sans répugnance de graves infractions (1)..
L'isolement du criminel-né, dans ces cas, empêchera cer* tainement qu'il ne se perfectionne dans le mal; et, ce qui importe le plus, qu' un fruit congénitalement gâté en corrompe des centaines de sains.
Cette idée, que j' avais crue nouvelle (2), dans la cure du délit, ne l'est pas du tout dans ses applications pratiques.
En Angleterre, quand un enfant manque l'école ou s'y comporte mal, on le renferme, après un jugement régulier, dans l'école des réfractaires, truanfs schools; oii l'on tâche de lui donner immédiatement, de la tête aux pieds, la sensation d'une nouvelle vie ; à cet effet il est peigné, ou mieux rasé, lavé,, désinfecté et revêtu de vêtements propres : il est ensuite placé dans une escadre et obhgé au silence toute la semaine, sauf le dimanche ; il doit participer à tous les services internes ainsi qu'aux travaux de couture et de cordonnerie qui s'alternent avec la gymnastique et les exercices militaires. Les-
(1) JoLY (Le Combat contre le crime, etc., p. 116) ne trouva pas decriminels-nés dans les écoles où il fit une enquête. — « Nous avons des infirmes, des anormaux, lui répondent les maîtres d'école, mais ils sont généralement doux et inoffensifs ». Mais un peu plus loin Joly est obligé de confesser qu'il y en a qui tuent; et qu'on no les trouve pas dans les écoles parce qu'ils n'y sont pas tolérés. Or où étaient-ils donc avant d'en être chassés.
(2) Eendiconto dell'adunanza générale del Patrouato. Milano, 1894.