‹ Le crime, causes et remèdesChapitre 156 sur 190 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Dans cet établissement on n'envoie de règle que les jeunes gens de 16 à 30 ans, tombés pour la première fois dans un délit léger. La loi accorde une autorité illimitée au Conseil de direction (1), qui peut les remettre en liberté conditionnelle bien avant le temps fixé pour le délit commis. La décision doit être fondée sur la convinction certaine de l'amendement du coupable ; la seule formalité qui accompagne sa mise en liberté est sa parole d'honneur qu'il donne au surintendant; cependant, si le Conseil peut abréger la durée de l'expiation à l'égard des bons, il ne lui est pas permis de la prolonger pour les mauvais.

Brockway concentre tous ses soins à la connaissance du jeune criminel, de ses conditions psychologiques^ du milieu dans lequel il a vécu, des causes qui ont contribué à le débaucher ; il en déduit les moyens d'obtenir son amendement; il s' applique à en développer le système musculaire par les douches, le massage, la gymnastique, par une bonne diététique et à retremprer sa volonté en le rendant coopérateur de sa propre libération.

Dès son arrivée le prisonnier prend un bain, il est en suite revêtu de l'uniforme de la Maison, puis photographié, enregistré, visité et vacciné. Pendant deux jours il est enfermé dans une cellule pour méditer son délit et se préparer à l'amendement. Le troisième jour on le conduit devant l'intendant, qui le place, ensuite, suivant ses tendances et sa culture, dans une classe normale ou technique, dans un quartier industriel ; il lui fait connaître ses devoirs et les conditions auxquelles il peut obtenir sa liberté. Il est initié à un métier (plus de 75 '^/,) n'en connaissent aucun) qui lui permette de

1891. — Fifteenth annual Report of the hoard of Managers of theP. Y. S. Reformatory ai Elmira. Transmitted to the Législature, Januaiy, 1891. Reformatory Press. Voy. Appendice pour 1895, 1897, 1888.

(1) Ce Conseil de direction de la Maison de réforme se compose du Surintendant général et de cinq autres membres choisis par le Governeur et par le Sénat.

gagner sa vie après sa libération. C'est là le premier soin de la direction.

Les jeunes détenus sont divisés en trois catégories:

La première comprend les bons ; la seconde — les moyens ad experimendum\ la troisième — les moins corrigibles.

Il existe neuf notes distinctes pour chaque prisonnier: trois notes pour la conduite, trois pour le travail^ trois pour les progrès dans l'école. Celui qui obtient les neuf notes chaque mois pendant six mois est passé à la première catégorie et peut obtenir la liberté.

Le passage à la première classe comporte certains avantages, spécialement au point de vue de la correspondance; tels que recevoir des visites, avoir des livres, prendre ses repas à une table commune, taudis que les détenus des autres classes mangent en cellule; enfin les meilleurs peuvent se promener ensemble dans le pré, recevoir des missions de confiance, telle que la surveillance des autres détenus; mais de même qu'ils peuvent gagner une catégorie avec les bonnes notes, ils peuvent rétrograder par la négligence et la mauvaise conduite. Dans ce cas, ils sont renvoyés à la troisième catégorie et pour recouvrer la liberté ils doivent se soumettre à un travail plus dur.

M. Brockway fixe lui-même au commencement de chaque mois, en tenant compte des forces physiques et des aptitudes de chaque détenu, la somme de travail que ce dernier doit fournir pendant le mois pour obtenir le maximum des notes favorables.

Deux cours sont destinés chaque semaine à l'enseignement professionnel ; deux soirs à l'enseignement scolastique ; il reste donc deux soirs et le dimanche pour préparer les travaux.

L'émulation des détenus est encore stimulée par une institution vraiment originale.

Chaque semaine sort à Elmire, sous le titre de Summary, un journal rédigé exclusivement par les détenus: il contient une revue des événements politiques de la semaine, extraite des meilleurs journaux américains; viennent ensuite les informations sur la vie même de l'établissement, sur les con-

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