TROISIEME PARTIE
féreuces qui ont été faites dans le cours de la semaine, sui' le résultat des épreuves subies, sur la promotion et la rétrogression de classe, la libération des détenus.
Depuis nn an je reçois ce journal, et je dois reconnaître qu'aiicnne feuille juridique de l'Italie ou de la France n'est aussi riche en nouvelles, spécialement pour ce qui regarde la criminalité.
Tous les services, jusqu'à ceux de siu-veillance et de garde étant faits par les détenus eux-mêmes, la dépense en est minime : on ne se préoccupe pas de retirer des bénéfices, on a surtout en vue les avantages ultérieurs que retirera la société quand ils seront rentrés dans la vie. On cherche avec soins la profession pour hiquelle ils ont le plus d'aptitude et qui leur soit le plus profitable dans le pays oii ils devront s'établir.
On expose avec intention les détenus de la première classe à des tentations de diverses espèces. Après six mois, Brockway propose au Conseil d'administration de les mettre en liberté provisoire. Le Conseil aurait le droit de refuser pour motifs spéciaux, malgré la bonne conduite, surtout quand il estime que la gravité du délit commis rendrait dangereuse une trop prompte libération; mais dans le fait il autorise toujours Brockway à les mettre en liberté; la libération n'a cependant lieu que lorsque M. Brockway s'est assuré que le libéré trouvera une occupation convenable et durable; il l'aide lui-même à la trouver et cela ne lui a jamais été difficile jusqu'à présent.
Le détenu, libéré provisoirement, doit pendant six mois au moins rendre compte de sa conduite, de la manière que M. Brockway juge la plus pratique, suivant les cas ; il ne reçoit la liberté complète qu'après un an de bonne conduite.
C'est bien là le Pi'ohation System perfectionné; personne n'est plus que moi chaud partisan de cette réforme, qui est la première application pratique de mes études: je crois fermement que l'étude individuelle, somatique, de chaque criminel, l'instruction pratique et individualisée ne peuvent donner que d'excellents résultats appliqués aux criminaloïdes; en leur inculquant surtout l'habitude du travail.
LoMORoso — m 31
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Mais, pour les criminels-nés, cette rofoi'me ne me parait pas d'une égale efïicacitô; quand je vois que 49 7o ^^^ clients d'Elvira manquent complètement de sens moral, que 12 °/o ont abandonné la maison paternelle avant 14 ans ou sont nés de parents épileptiques, 37 ^/^ de parents alcooliques et que 56 % ne manifestent aucun repentir, je ne crois pas que ceux-là puissent être amendés par des bains froids ou chauds, joints à une plus grande activité et à mie solide instruction; d'autant plus les enfants le plus facilement corrigibles y sont en nombre plus restreint et qu'ils y sont mêlés aux adultes.
En effet si on examine la statistique particularisée des 1722 libérés, qui y ont séjourné pour une durée moyenne de 20 mois, on trouve que :
156 se sont fixés dans d'autres états;
10 sont morts ;
128 ont encore à rendre compte de leur conduite, leur temps de l'épreuve n'étant pas teriidné ;
185 ne peuvent avoir la liberté qu'après l'expiration du maxi77iuiii de leur peine ;
271 ont été mis incomplètement en liberté après avoir tenu pendant six mois une conduite satisfaisante ;
126 n'ont pas fourni les attestations demandées et on ne sait ce qu'ils sont devenus ;
47 ont été frappés d'autres peines pendant le temps de l'épreuve ;
79 ont dû être réintégrés dans l'établissement;
25 y sont retournés volontairement ayant perdu leur emploi durant le temps de l'épreuve et ne pouvant trouver d'autre occupation.
En négligeant les 10 morts, il y en a donc 533 de non, amendes, soit 31 ^o — proportion très approchante de celle que je donne des criminels-nés. — D' ailleurs, la surveillance exercée sm* les individus en liberté provisoire est tellement superficielle, que si nous comptons comme récidivistes ceux qui se sont soustraits à la surveillance, nous nous