PREMIERE PARTIE
tants, et autorisa quiconque de les tuer et de détruire le château « afin qu'il ne soit plus le nid et le réceptacle de misérables voleurs » .
Quand on pense qu'en Sicile, le brigandage se concentre presque entièrement dans cette fameuse vallée de la Conque d'Or où les rapaces tiibus Berbères et sémites eurent leurs premières et plus tenaces demeures et où le type anatomique, les mœurs^ la politique et la morale conservent encore l'empreinte arabe (les descriptions de Tommasi-Crudeli suffisent pour le prouver) (1) ; quand on pense que là, comme dans les tribus arabes, le vol de bestiaux est le crime préféré, on se persuade aisément que le sang de ce peuple conquérant et rapace, hospitalier et cruel, intelligent mais superstitieux, inconstant et toujours inquiet, dédaigneux de tout frein, doit avoir son influence dans la fomentation des soudaines et implacables séditions et dans la perpétuation du brigandage qui justement, comme chez les premiers arabes, se confond très souvent avec la politique et ne suscite ni l'horreur, ni l'aversion que l'on trouve chez des peuples bien moins intelligents, mais plus riche de sang arien, tel que, par exemple, dans cette même Sicile, Catane et Messine. Par contre il faut noter le pays de Larderello, dans Volterre, qui depuis 60 ans n'a compté ni un homicide ni un vol et pas même une contravention.
Que la race soit un des facteurs de la plus grande criminalité de tous ces pays, je le crois, d'autant mieux que j'ai observé chez plusieurs de leurs habitants, comme ceux de S. Angelo, Puzzole, S. Pierre, une taille plus élevée que dans les pays circonvoisins.
En France aussi dans une série de bourgades situées sur
(1) <■ Ils sont sobres, patients, persévérants ; sont accessibles à l'amitié; ont l'instinct de parvenir au but par des voies couvertes et taciturnes ; hospitaliers et rapaces ; superstitieux dans les classes infimes et altiers dans les classes élevées. La parole malandrino perd en Sicile sa vraie signification. On dit « je suis malandrin > comme pour dire : « j'ai du sang dans les veines ». Dénoncer un homicide c'est manquer au code de l'honnêteté » (La Sieilia, ecc. Firenze, 1874).
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le contiii des forêts de la Tliieraclie, prolongement de celle des Ardenues, Fauvelle {Bulletin de la Société cVanthropologie^ 1891) a noté une race de délinquants. En quelque lieu, 011 prédomine cette race, ce ne sont que rixes violentes de toutes sortes sur lesquelles l'autorité judiciaire est le plus souvent obligée de fermer les yeux. L'étranger qui se risque au milieu de ces populations s'expose aux insultes des femmes autant qu'à celles des hommes: même dans la classe riche, cette brutalité se révèle souvent sous un certain vernis de politesse. L'alcoolisme fréquent exagère encore cette espèce de barbarie ; ces peuples dédaigneux du travail des champs exploitent les forets ou se livrent à Tindustiie du fer, mais ils préfèrent la contrebande. Leur taille est un peu au-dessus de la moyenne, ils ont des muscles puissants, la mâchoire large et robuste; le nez droit et les arcs soucihers très-accentués, le système pileux abondant et riche en pigment, ce qui les distingue aussitôt d'une autre race aux cheveux blonds jauncàtres qui peuple plusieurs villages voisins et à laquelle ils ne s'associent que rarement.
8. — Europe. — Dans son Homicide., Eerri démontre clairement, dans ses grandes lignes, l'influence ethnique sur la distribution de l'homicide en Europe : on y voit que les Allemands et les Latins l'emportent dans les tendances à l'homicide en général, dans la prédominence des homicides qualifiés, et de l'infanticide, de même qu' en sens inverse ils l'emportent dans la tendance au suicide et dans la folie ; cette dernière est plus fréquente chez les Allemands que chez les Latins.
4. — Autriche. — Toutefois, trop souvent les influences ethniques ne peuvent pas toujours être précisées les chiffres à la main, par la raison que lorsqu'elles s'appuient sur la statistique criminelle, nous trouvons une série de causes complexes qui nous empêche de tirer une conclusion certaine. Par exemple : la femme donnerait le minimum de la criminalité en Espagne, Lombardie, Danemark, Voivoidine, Gorice, et le maximum dans
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la Silesie autricliieuue et dans les provinces baltiques de la Russie (Messedaglia). Mais ici, éclate l'influence des mœurs ; bien plus que celle de la race; car cliez les peuples oii la femme est instruite comme l'homme, en Silesie, dans les Baltiques, par exemple, où elle prend part aux luttes viriles, efle fournit un chiffre de criminalité qui se rapproche davantage do celui de l'homme.
On peut en dire autant de la plus grande criminalité que l'on ■observe surtout chez les adolescents dans les pays germaniques de l'empire d'Autriche, particulièrement à Salisbourg, Autriche, en comparaison des Slaves et des Italiens, de la •Gorice, du Tyrol, de la Carinthie (Messedagha).
5. — Italie. — En Italie, relevant pour 1880-83 les homicides simples (avec les blessures suivies de mort) et les homicides ■quahfiés (avec les vols sm* les grands chemins suivies d'homicide) dénoncés dans les diverses provinces et d'après les données recueillies dans le mouvement de la criminalité de 1873 .à 1883 (Bodio. Rome, 1886) nous trouvons (PL I) :
R(''gion de l'Italie Homicides dénoncés pour 1 million d'habil.
(et populalion présente Homicides simples Homicides qualitics
au ;U décembre 1881) et blessures suivies et vols sur les grands
de mort chemins avec homicide
Picmout (3.070.250) 47 34
Ligurie (892.373) 40 29
Lombardie (3.680.615) 22 21
Vénétie (2.814.173) 34 25
Emilie (1.706.817) 27 24
Eomagne (476.874) 103 76
Ombrie (572.060 102 70
Marche (939.279) 94 53
Toscane (2.208.869) 76 42
Latiuni (903.472) 178 90
Abruzzcs (751.781) 174 76
Molise (365.434) 286 104
Campanie (289.577) 217 81
Fouille (1.589.054 117 46
Basilicata (524.504) 214 86
Calabres (1.257.883) 246 104
Sicile (2.927.901) 205 122
Sardaigne (682.002) 122 167
On voit qu'il y a une prédominence évidente parmi les populations de race sémitiques (Sicile, Sardaigne, Calabres) et de racelatine (Latium, Abruzzes), comparées à celles de races Germaniques, Ligm-es, Celtiques (Lombardie, Ligurie, Piémont) et Slave (Yénétie).
En effet, outre les principaux éléments ethniques primitifs des Ligares au nord, des Ombres et Étrusques au centi-e, de& Oscis au sud; outre les Sicules d'origine ligure, en Sicile; lesraces qui concoururent le plus à déterminer le caractère ethnique des différentes régions italieimes furent les Germaines,, les Celtes et les Slaves au nord; les Phéniciennes, les Arabes^ les Albanaises et les Grecques au sud et dans les îles (Ferru
op. cit.).
C est aux éléments africains et orientaux (les grecs excepté) que l'Italie doit l'origine de ses homicides si nombreux en Calabres, Sicile et Sardaigne, pendant que la moindre fréquence est due à la prédominance des races Germaniques- (Lombardie).
C'est un fait clairement démontré par quelcpies oasis où ces crimes sont plus ou moins fréquents, et qui sont dans une trop singulière coïncidence avec la spécialité ethnique de ces pays.
Nous en avons une autre preuve en Toscane^ où la fréquence minime de Sienne (3,9 sur 1()0.000 hab.), Florence- (4,3) et Pise (6,0, est en contraste fi-appant avec l'intensité à peu près double de Massa-Carrare (8,3), Grosseto (10/2), Lucques (11,9) et l'intensité triple d'Arezzo (13,4), et surtout de Livourne (14,0) (PI. I, 3 e 4).
Or, outre les conditions spéciales de vie que créent les mines à Massa-Carrare et les maremmes à Grosseto, l'influence ethnique (écrit Ferri) est incontestable (1) dans la province de Lucques, qui se distingue du reste de la Toscanepar la taille élevée, la dolicocéphalie de ses habitants (prépondérantes aussi à Massa-Carrare) et la plus grande tendance à l'émigration : et j'ajouterai l'influence des rebelles Ligures
(1) LoMBEOSo, Suir antropometria délia Lucchesia e Oarfagnana ; Ivome, 1895.
Planche IV.
GEOGRAPHIE DU CRIME
PARRICIDIO (PARRICIDE) . ASSISE — 1 - 0 - (P-^ milioned'ab )
m oitre 1,1
INFANCIDIO(iNFANTiciDE). ASSISE □ sotto 3,0 (p. 1 milioned'ab)