‹ Le crime, causes et remèdesChapitre 175 sur 190 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

tête volumineuse avec capacité exagérée, 1620 ce, tact obtus, 4,0 à droite et 2,0 à gauche et plus développé à droite qu'à gauche, c'est-à-dire avec mancinisme sensoriel. Il fut condamné.

Le riche fermier S..., retournant du marché, porteur d'une somme de 2000 francs, fut prié par un inconnu rpii cherchait un emploi de manœuvre, de le laisser monter dans sa voiture. Dès lors, cet individu ne le quitta plus: ils soupèrent ensemble et vers le soir on vit l'inconnu l'accompagner sur la grande route où la nuit suivante le malheureux fermier fut trouvé assassiné, portant des signes de strangulation, le crâne fracassé par de grosses pierres et la bourse vide.

Quatre témoins signalèrent au juge la physionomie sinistre de cet inconnu; et une jeune fille déclara qu'elle avait vu le soir couché par terre, dormant auprès de l'assassiné, un certain Fazio, qu'on avait vu le lendemain se cacher lorsque les gendarmes s'approchèrent du pays. À l'examen je trouvais à celui-ci des oreilles à anse, zygomes et mâchoires volumineuses avec appendice lémurien, division de l'os fi'ontal, rides précoces et profondes, regard sinistre, nez tordu à droit, une physionomie en somme s' approchant du type criminel : pupille très peu mobile, réflexes tendineux plus vifs à droite qu' à gauche, grande obtusité tactile, et plus à droite, 5,0, qu'à gauche, 4,0 ; mancinisme motoire et sensoriel ; large tatouage sur la poitrine représentant une femme et les paroles: /Souvenir Céline Laure (c' était sa femme) et sur le bras gauche le portrait d'une fille. Il comptait dans sa famille une tante épileptique et un cousin fou; les informations révélèrent qu'il était joueur et paresseux. — De toute manière, enfin, la biologie fournissait ici des indices, qui joints aux judiciaires, auraient suffi à le faire condamner dans un pays moins tendre pour les criminels ; malgré cela, il n'en fut pas moins acquitté.

Innocence révélée. — L'anthropologie criminelle peut, non seulement, nous aider à découvrir les vrais coupables, mais encore sauver ou du moins réhabiliter des innocents accusés ou condamnés.

C'est ainsi qu'une petite fille de 3 ans Y2t ayant été violée et infectée par un inconnu, sa mère accusa successivement 6 jeunes hommes, habitant dans le même escalier et qui étaient familiers avec la petite : ils furent arrêtés, mais tous niaient le crime. J'en signalais aussitôt un d'entre eux ayant •des tatouages obscènes sur le bras, une physionomie sinistre, le champ visuel altéré et sur lequel nous trouvâmes des traces d'une syphihs récente. Plus tard cet individu confessa sou crime.

]\Iais voyons le cas observé dans ma clinique et publié par Kossi dans Una centuria di criminali^ qui dévoila Tinnocence d'un condamné. Un certain Rossotto Giacinto, à la suite d'une série de faux indices et d'une lettre reçue de son beau-frère, qui le priait de faire un faux témoignage, fut condamné en 1866 au bagne perpétuel pour vol de grand chemin.

Examinant cet homme devant les étudiants, je constatais, à ma grande surprise, que c'était le type le plus normal que j'eusse jamais eu entre les mains.

Taihe 1,73; âgé de 50 ans, il pesait k. 74^5; cheveux et barbe abondants, capacité crânienne moyenne ce. 1575; indice céphalique 84; sans anomalie faciale. Tact très fin, 1,1 à droite; 1,0 à gauche; 0,5 à la langue; normale la sensibilité générale (50), et la dolorifique 30 mill.; il ignorait l'argot et n'était pas cynique. Il présentait l'état d'esprit commun à la plupart des hommes moyens ; il aimait le travail, qui avait été pendant ses longues années de captivité sa seule consolation; sa conduite avait toujours été exemplaire ; même en prison il n'avait d'autre chagrin que celui de son injuste condamnation et de la privation de sa famille.

Marié à 19 ans, il n'avait jamais connu autre femme auparavant, et sa famille ne comptait ni aliénés ni criminels.

Tandis que je l'examinais, ne sachant encore rien de ses antécédents, je dis aux étudiants : « Si cet homme n' avait été condamné à vie, il représenterait pour moi le véritable type de l'homme moyen honnête » . Ce fut alors que ce malheureux, avec une tranquille réaction répondit: « Mais je le

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